Les coiffeurs désirent un 13ème salaire
Interrogés par Unia les coiffeurs placent en tête de liste de leurs revendications l'introduction d'un 13ème salaire

Un 13e salaire et un revenu mensuel minimum de 4000 francs pour les travailleurs qualifiés: voilà les deux améliorations prioritaires souhaitées par les coiffeurs ayant répondu à un sondage lancé par Unia. Une démarche menée avant l'ouverture des négociations entamées cet automne en vue du renouvellement de la Convention collective de travail nationale des professionnels de la branche. Le point sur la question.

Les négociations en vue du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT) nationale des coiffeurs ont débuté cet automne. Afin de cerner au mieux les attentes du personnel de la branche, Unia a mené auparavant un sondage en ligne. Plus de 600 personnes ont répondu à son questionnaire. En tête de liste des priorités des participants: l'obtention d'un 13e salaire, réclamé par près de 91% des participants. Rien d'étonnant. «La CCT des coiffeurs est l'une des rares conventions nationales qui ne prévoient pas de 13e salaire. De plus, comparés à d'autres branches, les salaires minimaux sont très bas», relève Véronique Polito, membre du comité directeur d'Unia. Dans ce contexte, Unia demande aux patrons de corriger le tir en introduisant un 13e salaire pour tous - «actuellement, celui-ci n'est pas obligatoire, des primes de Noël sont parfois versées» - et un salaire minimum de 4000 francs pour les travailleurs avec CFC. «Aujourd'hui ce dernier s'élève, pour cette catégorie, à 3800 francs. Les personnes au bénéfice d'une formation de deux ans reçoivent quant à elles, dès la troisième année, 3420 francs», précise la syndicaliste tout en soulignant que la bataille sera ardue.

10000 coiffeurs concernés
«Les coiffeurs sont soumis à une grande pression sur les prix, due à une forte concurrence avec un nombre croissant de salons, de barbiers, et des gros problèmes de dumping.» Mais si, à ce stade des pourparlers, les patrons s'opposent à une augmentation du revenu mensuel des travailleurs qualifiés, ils se montrent en revanche ouverts à fixer des montants planchers pour le personnel sans formation ou avec des diplômes non reconnus dans nos frontières. «Nous allons trouver une solution. Je suis plutôt optimiste», poursuit Véronique Polito pour qui, le scénario du pire se traduirait par l'abandon de la CCT, comme ce fut le cas dans les années 2008-2009. «La CCT actuelle, de force obligatoire, a été prolongée jusqu'en août 2017.» Une nouvelle ronde de négociations aura lieu prochainement. A la fin de novembre, les discussions seront scellées. La procédure de ratification durera ensuite jusqu'en mai 2017. Actuellement, la CCT concerne quelque 10000 coiffeurs.

Pour la semaine de 41 heures
«Notre objectif? Que la convention couvre tous les travailleurs du domaine. Nous voulons de meilleures rémunérations pour le personnel qualifié et la fixation de salaires minimums pour les autres. Les nouveaux débutent souvent dans la profession avec des salaires bien en dessous de 3000 francs. Nous aimerions au moins parvenir à des salaires minimums réguliers décents. Il nous sera par contre difficile d'intégrer aussi les apprentis dans cet accord.»
Outre les préoccupations salariales, les sondés ont aussi mis l'accent sur la nécessité de limiter le temps de travail à 41 heures hebdomadaire, au lieu des 43 aujourd'hui. Une question qui ne sera toutefois pas débattue pour l'instant. «Pour justifier l'horaire actuel, les patrons argumentent sur le fait qu'il y a beaucoup de temps morts. Ils les évaluent à 30%...» Enfin, dans une branche où les femmes sont fortement majoritaires - 90% du personnel - les participants au questionnaire souhaitent que le congé maternité passe de 14 à 16 semaines.

Sonya Mermoud

 

 

Edition n° 44 du 2 novembre 2016

 
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