Pour une branche verte porteuse d'avenir
Unia a lancé une pétition réclamant de meilleures conditions de travail pour les paysagistes

Quelque 3000 paysagistes ont répondu à un sondage mené par Unia sur les améliorations attendues dans la branche. En tête de liste de leurs attentes, l'introduction de la retraite anticipée et de meilleurs salaires. Des revendications soutenues aujourd'hui par le lancement d'une pétition. A terme, le syndicat espère bien parvenir à la conclusion de conventions collectives de travail régionales ou un accord national de force obligatoire.

De meilleurs salaires, la possibilité de prendre une retraite anticipée ou encore des modèles horaires favorisant la conciliation entre vie professionnelle et familiale: actuellement une pétition intitulée «pour une branche verte porteuse d'avenir» circule visant à améliorer les conditions de travail des paysagistes. Depuis son lancement le mois dernier, 800 signatures ont déjà été récoltées. Cette initiative succède à un vaste sondage mené ce printemps par Unia auprès du personnel de la branche verte. Quelque 3000 employés ont répondu au questionnaire. Son dépouillement a permis au syndicat d'évaluer les attentes prioritaires des salariés du domaine. «En tête de liste des revendications figure la question de la retraite anticipée. 73% des participants se sont montrés favorables à son introduction», relève Chris Kelley, responsable du domaine à Unia. Les sondés souhaitent aussi obtenir des rémunérations plus élevées.

Au moins 5000 francs pour les qualifiés
«Un paysagiste non qualifié gagne aujourd'hui 3800 francs par mois, un qualifié, 4350 francs», chiffre le syndicaliste, précisant que la situation diffère toutefois dans certaines régions de Suisse romande, notamment à Genève, dans le canton de Vaud et dans le Valais francophone où existent des conventions collectives de travail. Les participants au questionnaire estiment que ces montants devraient atteindre entre 4000 et 4250 francs pour la première catégorie de travailleurs et 5000 francs et plus pour la seconde. Rien d'exagéré pour Chris Kelley estimant qu'il est tout à fait possible de rehausser les salaires, se référant aux pratiques vaudoise et surtout genevoise, la plus généreuse en la matière. Le représentant d'Unia relève aussi que depuis que le syndicat se mobilise pour le personnel de cette branche, des améliorations ont été obtenues. «Nous avons commencé notre campagne en 2011. Avec un certain succès puisque, depuis, les salaires minimaux ont déjà été augmentés de 20%. Une avancée, mais il est encore impératif d'agir.»

Requêtes légitimes
Pour le syndicaliste, les requêtes des paysagistes sont d'autant plus légitimes qu'ils effectuent des travaux similaires à ceux des maçons bénéficiant, eux, de conditions de travail nettement plus favorables. «Certains patrons de la construction sont d'ailleurs mécontents de cette concurrence jugée déloyale... Dans la branche du paysagisme, on gagne jusqu'à 1000 francs de moins que dans le secteur du gros œuvre pour des journées de travail plus longues et sans retraite anticipée.» Dans ce contexte, Unia espère bien à terme parvenir à la conclusion de conventions collectives de travail régionales ou d'un accord national de force obligatoire. «Ce ne serait pas un luxe», commente Chris Kelley, les sondés ayant aussi plaidé en faveur de règles claires et d'une meilleure protection de la branche. Comme ils ont encore manifesté leur intérêt pour de meilleures possibilités de formation continue.
«La prochaine étape? Nous verrons ce que décideront les paysagistes et la réaction de l'organisation patronale JardinSuisse. La situation doit évoluer.» A noter qu'on compte en Suisse 20000 paysagistes.

Sonya Mermoud


La pétition peut être signée en ligne sur le site:
www.unia.ch/fr/monde-du-travail/de-a-a-z/construction/paysagisme

 

 

Edition n° 45 du 9 novembre 2016

 
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