Implenia réintègre un maçon licencié
Après avoir dénoncé publiquement son cas, Livio (prénom d'emprunt) sera réintégré avec les excuses du géant de la construction

A la surprise générale, quelques jours après l'action organisée par Unia sur un chantier genevois d'Implenia, l'entreprise a reconnu son «erreur» et a décidé de réintégrer Livio. Le géant de la construction suisse a même avoué avoir «manqué de finesse» dans ce dossier. Si le syndicat se félicite de cette victoire, il rappelle l'urgence d'agir concrètement afin de limiter le travail temporaire sur les chantiers.

La semaine dernière, L'Evénement syndical vous relatait le cas de Livio, maçon de 58 ans licencié par Implenia après plus de 22 ans de service et ce à 14 mois de la retraite (lire notre édition du 14 décembre). Après une première tentative d'Unia Genève de faire pression sur le numéro 1 de la construction en Suisse, en vain, le syndicat a organisé le 8 décembre dernier une action sur le chantier du «Campus Santé» au Grand-Saconnex. La couverture médiatique et la solidarité des travailleurs dudit chantier auront suffi à convaincre Implenia de faire machine arrière. Dans un communiqué de presse diffusé le lendemain, l'entreprise concédait avoir fait une «erreur» et «manqué de finesse» dans le traitement de ce dossier. Livio sera donc réintégré par Implenia, dès la fin de ses vacances, à savoir le 31 janvier. Pour l'heure, il ne sait pas encore sur quel chantier. «Ce rebondissement, imprévisible, est très favorable, réagit Yves Mugny, secrétaire responsable du secteur de la construction à Unia Genève. Nous allons recontacter des travailleurs âgés d'Implenia dans le même cas qui sont récemment passés par chez nous pour qu'ils se battent à leur tour.»

Victoire commune
Soulagé, Livio pourra donc terminer sa carrière avec un salaire complet jusqu'à ses 60 ans, âge de la retraite anticipée dans le gros œuvre, et ce sans amputer le montant de sa rente. Accompagné des syndicalistes d'Unia, il s'est rendu à nouveau sur le chantier de «Campus Santé» le 13 décembre pour remercier ses camarades pour leur soutien. «Quand les travailleurs sont unis, ils font reculer même la plus grosse entreprise du secteur», a relevé Unia.

La lutte continue
Si la réintégration de Livio est une bonne nouvelle, cette victoire ne doit pas faire oublier les revendications d'Unia dans le secteur. Le syndicat demande dans un premier temps à Implenia d'internaliser le personnel temporaire dépassant le taux de 10% des effectifs; dans un second temps au Conseil d'Etat genevois de limiter au maximum à la même proportion le recours au travail temporaire sur les marchés publics, et enfin, aux patrons du secteur de faire aboutir les négociations conventionnelles nationales autour de ce même sujet pour tous les chantiers de Suisse.

Manon Todesco

*Livio, prénom d'emprunt

 

Edition n° 51/52 du 21 décembre 2016

 
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