Unia Vaud se dote d'un nouveau comité dans la branche de l'artisanat
Unia Vaud crée un nouveau comité pour les travailleurs de la branche Fac-Chauffage. Une assemblée est ouverte à tous ce jeudi

C'est aux quelque 1700 travailleurs, dont plus de 1000 syndiqués, travaillant dans la branche Fac-Chauffage que s'adresse Unia Vaud pour créer une base militante au sein des entreprises. Avec entre autres objectifs de faire respecter la Loi sur le travail et la convention collective, d'améliorer les conditions de travail et de créer une culture syndicale au cœur des entreprises.

Un nouveau comité du secteur de l'artisanat vaudois appelle les travailleurs de la ferblanterie, couverture, installation sanitaire, chauffage, climatisation et ventilation (Fac-Chauffage) à participer à sa première réunion le 16 février à Lausanne.
Créée le 19 janvier dernier, cette nouvelle structure doit offrir un espace de discussion démocratique afin de définir les priorités et les stratégies de cette branche couverte par une CCT cantonale. «Cet espace doit permettre de soulever les problèmes rencontrés par les travailleurs. Il s'agit de pouvoir compter sur des membres de la base pour décider ensemble des revendications et être plus réactif et solidaire lors d'actions», souligne Laurent Tettamanti, secrétaire syndical d'Unia Vaud. «Avec des réunions régulières, une fois par mois, on peut commencer à travailler sérieusement pour faire respecter les règles et améliorer les conditions de travail. La synergie avec les autres comités offre aussi un potentiel important de mobilisation.»
A ses côtés, Federico Pisciottano, constructeur en installation de ventilation, fort de ses expériences syndicales sud-américaines, souligne: «En Uruguay, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui s'organisent et qui font le syndicat. Nous devons nous engager car, dans notre métier, le travail est précaire. Comme les problèmes sont un peu partout les mêmes, il est donc important de pouvoir en discuter ensemble, de ne plus être chacun dans son coin. Plus on est, plus on peut aussi commencer à faire valoir nos revendications...» «Et être solidaire et s'engager dans le syndicat, sans avoir peur du patron», renchérit son camarade de branche, César Cavaleiro, qui a travaillé notamment pour MM Ventilation dont les pratiques de sous-enchère salariale avaient été dénoncées en décembre dernier. La mobilisation des ouvriers et du syndicat avait ainsi permis aux travailleurs d'obtenir gain de cause.

Faire remonter les informations
«Ce comité doit permettre aussi au syndicat de mieux connaître la réalité de terrain», relève Federico Pisciottano qui a déjà prévu aussi de se rendre au comité des électriciens pour échanger sur les problèmes transversaux tels que la question des frais de déplacement, de repas, de la sécurité au travail, des minimums salariaux, de la sous-traitance ou encore du travail temporaire.
«La Loi sur le travail, notamment concernant la prise en compte des déplacements comme temps de travail, où les salaires minimaux de la CCT ne sont même pas respectés. Ce sont des millions qui sont volés chaque année aux ouvriers. La bataille consiste déjà à faire respecter les droits existants...», souligne Lionel Roche, responsable du secteur de l'artisanat d'Unia Vaud. «Dans la branche du Fac-Chauffage, le travail du samedi sans autorisation est devenu un usage. Les patrons ne prennent même plus la peine de demander une autorisation à la commission paritaire.» Selon le syndicaliste, face à la sous-dotation des organes de contrôle (8 contrôleurs dans le canton de Vaud pour l'ensemble du secteur de la construction, 2 seulement le samedi), les travailleurs ne peuvent pas se reposer sur les structures institutionnelles pour défendre leurs conditions de travail et faire respecter les CCT. «Il s'agit de développer un contrôle social et un syndicalisme de base sur les lieux de travail. Chacun doit prendre ses responsabilités et avoir confiance en ses capacités pour se faire respecter. Les travailleurs nous disent de les défendre, mais nous devons travailler ensemble car le syndicat doit être sous leur contrôle et à leur service.» D'où l'importance d'un comité pour développer un réseau de militants représentatif des principales entreprises.

Du concret
Pour l'heure, le secteur de l'artisanat compte trois comités actifs: le comité du second œuvre (CCT romande), créé en 2015, se retrouve environ chaque mois; le comité des électriciens (CCT nationale), actif depuis début 2016, se retrouve chaque quinzaine. Un groupe de personnes de confiance a également été créé dans le secteur Métal Vaud (CCT cantonale).
«Avec les électros, on a réussi à créer un sentiment d'appartenance et de fierté. Ils s'approprient les stratégies, la manière de communiquer», se réjouit Laurent Tettamanti. «Unia a aujourd'hui un peu plus de crédit, car même dans ce secteur de l'artisanat fort d'une majorité de membres, le syndicat avait plutôt mauvaise presse. Les travailleurs veulent du concret. Mais, pour éviter de ne recevoir que des cacahuètes lors des négociations et pour inverser le rapport de force, des comités forts de militants sont nécessaires.»
Reste que la multiplication des statuts et les salaires au mérite sont autant de freins à cette solidarité. «C'est la culture de la division mise en place par les patrons. Les travailleurs doivent prendre conscience de ce moyen de les discipliner. Cette méthode de gestion génère une paix sociale malsaine», analyse Lionel Roche. «Cela prend du temps, mais notre objectif est de mettre en place une structure militante forte dans chacune des 4 branches, pour des effets concrets sur les conditions de travail et une revalorisation de ces métiers.»

Aline Andrey

Assemblée du comité Fac-Chauffage, jeudi 16 février à 19h au secrétariat Unia, place de la Riponne 4 à Lausanne. Pour plus d'informations: Laurent Tettamanti, 076 395 51 70.

 

 

 

Edition n° 7 du 15 février 2017

 
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