Les robes me fascinent
La jeune styliste Anne-Sophie Villard sublime les femmes avec ses créations inspirées des fifties

Anne-Sophie Villard reçoit sa première machine à coudre à l'âge de dix ans. C'est ainsi, en autodidacte, que la petite fille qu'elle est à l'époque commence à créer des habits pour ses poupées ou encore à customiser des t-shirts. Mais ce qu'elle aime par-dessus tout, ce sont les robes. A seulement douze ans, elle coud sa première robe de cocktail pour sa mère. Une robe jaune avec un grand décolleté dans le dos. «Quand je repense à cette robe, je me dis que ce jaune n'était vraiment pas le meilleur choix, mais ma maman en était tellement fière...» Après avoir obtenu un Bachelor en Management à la Faculté des HEC à Lausanne où l'école lui offre la possibilité de faire un Erasmus en Ecosse, elle entre au Fashion Institute of Technology de New York. Elle passera d'abord une année en Italie, à Florence, puis une année à New York. Anne-Sophie Villard a la chance de travailler pour deux designers américains, Don O'Neill et Kathlin Argiro. Mais quelque chose de chez nous lui manque, la culture, ses proches, sans doute un mélange des deux. Elle rentre donc au bercail, dans la région genevoise où vivent ses parents. Elle décide alors de prendre un boulot dans la communication et après 2 ans, elle finit par se lancer dans ce qu'elle aime depuis toujours: la création de robes! C'est ainsi qu'en 2015 naît la marque Anne-Sophie Villard.

Comme une évidence
«Imaginer, dessiner et coudre des robes a toujours fait partie de moi, ça me vient naturellement, c'est instinctif...» Une passion qui ne lui vient pas de sa mère, qui elle, déteste coudre! «J'ai toujours vu mon père bricoler dans son atelier et ma mère être bien apprêtée, j'ai peut-être fait une combinaison des deux (rires).» Ce qui est sûr, c'est qu'elle peut compter sur sa famille. «Même si c'est effrayant pour des parents de voir leur enfant se lancer dans une telle aventure, ils m'ont toujours soutenu dans mes choix, eux ne l'ayant pas eu à mon âge.»
Ses premières robes, elle les a créées avant tout pour elle. «Lors de mon bal HEC, j'ai loué une superbe robe style années 50. Ils n'ont jamais voulu me la vendre, du coup je l'ai faite moi-même. Plus tard, cette robe a fait sensation et c'est comme cela que j'ai commencé à me lancer dans la création de robes inspirées des fifties. Et j'ai pris le parti de rester dans ce style.» La jeune designer de 27 ans a du mal à expliquer d'où lui vient cette inspiration. «Je crois tout simplement que j'aime l'élégance de cette époque-là. C'est une manière pour moi de me rapprocher de cet idéal féminin.»
La signature d'Anne-Sophie Villard, c'est de créer des robes uniques, qui collent à la morphologie de chaque femme, pour la sublimer. «J'aime apporter le sourire aux gens, les faire se sentir uniques.» C'est pourquoi les robes sont faites sur mesure, après que la cliente ait choisi la longueur et la forme de la jupe, les découpes de décolletés, la taille des manches, et bien sûr, le tissu. En parallèle, Anne-Sophie Villard propose également des collections de prêt-à-porter en édition limitée, qu'elle vend lors d'événements divers de type Tea Party, brunch, défilés, pop up store... «J'aime avoir un vrai contact avec les clientes, qu'elles se sentent écoutées: ça change du t-shirt Zara produit à la chaîne que tout le monde porte...» Une philosophie qui ravit ses clientes de 20 à 70 ans. «Ma clientèle me sollicite souvent pour des robes à porter lors de grandes occasions, mais j'ai aussi des modèles pour tous les jours et aussi des robes plus rétro qui ravissent les pin-up!»


Portée par l'avenir

Pour stimuler sa créativité, Anne-Sophie Villard a «besoin» de magazines de mariées. «Tous les mois, les buralistes me félicitent, c'est drôle.» Parfois, la vision d'un tissu va lui inspirer une robe, ou le contraire. Ses voyages laissent aussi des traces dans ses créations. Le dernier en date, l'Inde. «Même les femmes les plus pauvres affichaient une élégance incroyable. Je me suis d'ailleurs inspirée d'une tenue typique pour créer un décolleté que j'ai baptisé New Delhi.» Pour cet été, elle promet des robes plus longues, plus fluides, et pour l'hiver prochain, elle imagine déjà des manteaux. Et pourquoi pas des robes de cocktail... «J'essaie de me décoller un peu du style rétro pour permettre à mes clientes de porter des pièces de tous les jours.» Rétro ou pas, l'idée reste intacte: marquer la taille et rester dans un style féminin, romantique et élégant.
Très spontanée, Anne-Sophie Villard ne sait pas dire si elle fera ce métier toute sa vie. Elle fait confiance en l'avenir. «J'ai toujours laissé aller les choses, et ça m'a toujours bien réussi.»

Manon Todesco

 

 

Edition n° 7 du 15 février 2017

 
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