Nous sommes déterminés à nous battre
Le personnel de Parker Hannifin a déposé son contre-projet à la fermeture du site genevois

Une vingtaine d'employés de Parker Hannifin se sont mobilisés devant le site carougeois le 17 mars juste avant de rendre leur contre-projet à la direction. Celui-ci propose notamment de maintenir une partie des postes et de changer de locaux. Le personnel s'est montré déterminé à tout mettre en œuvre pour éviter les licenciements.

Le 17 mars dernier, une vingtaine d'employés de la multinationale américaine Parker Hannifin à Carouge (Genève) se sont réunis devant l'entreprise, tous vêtus de noir, en signe de deuil. Après avoir obtenu une prolongation du délai de consultation pour travailler correctement sur leurs propositions alternatives à la délocalisation (lire nos éditions précédentes), les travailleurs ont pu déposer leur contre-projet à leurs supérieurs.
Pour rappel, la direction a annoncé la fermeture définitive du site le 6 février dernier afin de délocaliser l'activité en Italie, laissant sur le carreau 44 personnes. Et ce deux ans après avoir licencié 80 personnes du même site pour la même raison, à savoir le franc fort.
«La direction avait garanti le maintien d'un pôle d'excellence ici à Genève avec de nouveaux locaux, rappelle Lamine Bouchakhchoukha, de la commission d'entreprise. Les derniers licenciements ont eu lieu il y a deux mois et ils nous annoncent déjà la fermeture du site alors qu'en 2016 le groupe a enregistré un bénéfice de plus de 1,1 milliard de dollars...»

Propositions solides
Dans le contre-projet, la priorité du personnel est de sauver le maximum d'emplois. Le projet propose le maintien d'une structure composée de 26 personnes à Genève travaillant essentiellement dans l'engineering ayant pour but l'industrialisation de nouveaux produits. De nouveaux locaux, mieux adaptés, ont également été suggérés. La direction devrait se prononcer sur ces propositions demain, le 23 mars. «Nous continuerons à nous battre pour nos emplois, assure Lamine Bouchakhchoukha. En cas de rejet du contre-projet, des mesures de lutte ne sont pas à exclure!»

Soutien mutuel
Suite à la conférence de presse, les employés de Parker ont formé un cortège et ont défilé aux alentours de l'entreprise. Une délégation de travailleurs de l'entreprise de construction Walo (voir en page 9) était aussi présente, en signe de solidarité. «Les ouvriers de Walo sont de tout cœur avec vous, a lancé l'un d'eux, dont la mère faisait partie des 80 personnes licenciées chez Parker en 2014, après 25 ans de service. Nous devons lutter ensemble contre cette logique économique qui broie les travailleurs.»

Manon Todesco


Témoignages
Pour Patricia et Serge (prénoms d'emprunt), il y a un gros ras-le-bol qui règne chez les employés. «La direction nous avait garanti qu'il n'y aurait plus de licenciements. On a bossé comme des fous pour faire tourner cette unité et pour que la production en Italie et en République tchèque soit viable. On y croyait! Maintenant, il va falloir rebondir, mais le problème, c'est l'âge: après 50 ans, ça se complique... Ce qui est dur à accepter pour nous, c'est de voir qu'ils nous ont d'office soumis un plan social, et que ce dernier est beaucoup moins bon que celui de 2014. A partir de maintenant, on n'a plus rien à perdre, et on est prêt à engager toutes les mesures de lutte pour arriver à nos fins.»
MT

 

 

Edition n° 12 du 22 mars 2017

 
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