Unia va se battre pour le personnel de Movado
Le groupe horloger entend se séparer d'un quart de son effectif à Bienne 45 emplois sont menacés

Propriété de capitaux étatsuniens, le groupe Movado prévoit de licencier 45 des 197 collaborateurs qu'il emploie à Bienne. Une procédure de consultation pour licenciement collectif a été ouverte. Unia va s'y investir.

Le groupe horloger Movado projette de se séparer de près d'un quart des 197 collaborateurs qu'il emploie à Bienne. Une procédure de licenciement collectif a été ouverte en ce sens.
Movado, qui signifie «mouvement» en espéranto, avait été racheté en 1983 par des capitaux étatsuniens. Ce fleuron de l'horlogerie suisse, fondé en 1881 à La Chaux-de-Fonds par les frères Ditesheim, est aujourd'hui rattaché à MGI Luxury Group. Outre Movado, la société horlogère détient les marques Ebel et Concord et produit sous licence des montres, entre autres pour Hugo Boss, Lacoste ou Tommy Hilfiger. En 2013, Movado a investi 12 millions de francs pour installer son siège administratif dans la Silver Tower, à deux pas de la gare de Bienne, et son centre technique dans un bâtiment du quartier de Boujean baptisé Factory One. Sur ces deux sites, 45 postes de travail sont menacés par la restructuration.

«Une décision précipitée»
Mercredi dernier, l'annonce des licenciements a été un «véritable choc» pour les employés, selon Jesus Fernandez. Le secrétaire régional d'Unia Bienne-Seeland/Soleure se dit «surpris» par cette réduction d'effectif. Certes, l'horlogerie suisse continue de souffrir. En février, les exportations ont une nouvelle fois reculé, pour le vingtième mois d'affilée. Mais, pour le secrétaire syndical, «les derniers signaux concernant la situation économique de Movado étaient positifs. L'ampleur des licenciements est d'autant plus étonnante. A notre avis, la décision est précipitée.»

«Nous allons élaborer des propositions»
«Nous allons négocier avec la direction afin de réduire le nombre de personnes touchées par les licenciements au minimum. Souvent, les grandes entreprises licencient en masse dans le but d'accroître leurs profits. Mais MGI est un groupe financièrement fort. Avec la commission du personnel et l'ensemble des collaborateurs, nous allons élaborer des propositions.» Une permanence a été mise en place dans les locaux d'Unia où les salariés de Movado pourront deux fois par semaine obtenir des informations et soumettre leurs idées. Unia négociera un plan social «digne de ce nom» pour les licenciements qui ne pourront être évités, assure Jesus Fernandez.
Il s'agit de la seconde saignée que subit l'horlogerie seelandaise en peu de temps. Au terme d'une procédure de licenciement collectif assez conflictuelle, une trentaine d'emplois seront détruits d'ici l'été chez Antima par Fossil, là aussi un groupe étatsunien.

Jérôme Béguin

 

 

Edition n° 13 du 29 mars 2017

 
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