On nous coule avec le bateau
Yendi dont le siège est à Fribourg a demandé sa mise en faillite. En Suisse près de 500 personnes risquent de perdre leur emploi

La chaîne de vêtements Yendi, dont le siège est à Fribourg, a demandé sa mise en faillite. En Suisse, près de 500 personnes risquent de se retrouver sans emploi

«C'est par mes clientes que j'ai su que le magasin allait fermer.» Cette employée de Yendi à Lausanne est tombée des nues en apprenant la très probable faillite de la chaîne de vêtements suisse, même si elle avoue avoir commencé à se questionner depuis début mars. «On ne recevait plus de marchandise, c'était étrange, mais je ne me suis pas vraiment inquiétée. Aujourd'hui, on nous coule avec le bateau. Ils auraient pu nous avertir, plutôt qu'on soit informé par les médias ou notre clientèle.»
«La direction nous a caché les choses, c'est dur», relève une de ses collègues, dans un autre magasin lausannois, visiblement en colère et inquiète.
«Lors de notre réunion mardi dernier, les vendeuses étaient très remontées contre la direction qui leur disait jusque-là que tout allait bien», renchérit Dominique Fovannaz, secrétaire syndicale d'Unia. Près de 500 employés dans 96 magasins partout en Suisse sont touchés par cette faillite, dont une centaine au siège bullois dans l'administration et la logistique.
Une audience de faillite au Tribunal de la Glâne (Fribourg) est prévue vendredi 28 avril «avec une haute probabilité que la faillite soit prononcée, car c'est l'entreprise elle-même qui la demande», précise Arnaud Bouverat, membre de la direction du secteur tertiaire d'Unia. Même si la fin de l'enseigne suisse semble se profiler, la question d'une reprise partielle des magasins ou du centre de logistique ne peut être complètement écartée. Reste que la direction de Yendi, jusqu'ici, a échoué dans ses tractations avec des repreneurs potentiels.

Indemnités assurées
Si la mise en faillite est prononcée, le personnel pourra toucher l'indemnité en cas d'insolvabilité par la caisse chômage du canton de Fribourg. Un acompte de 70% sera versé dans un premier temps.
Unia conseille notamment aux employés de s'annoncer à l'ORP au lendemain de la faillite et de vérifier leurs décomptes de temps de travail comprenant les soldes d'heures supplémentaires et de vacances.
Le syndicat exige des mesures immédiates pour garantir que toutes les recettes des ventes soient affectées en priorité au paiement des salaires, des heures supplémentaires et des vacances. Suite à une entrevue avec la direction de Yendi, Unia a obtenu que les salariés puissent quitter leur poste rapidement s'ils trouvent du travail ailleurs. Le syndicat demande aussi qu'ils puissent bénéficier d'un portfolio de formation qui atteste des tâches accomplies chez Yendi et qu'une attention particulière soit apportée aux apprentis et aux femmes enceintes.
Une vendeuse ajoute, inquiète: «Je vais chercher du travail. J'ai juste envie que ça se termine vite. Car venir travailler sans savoir quand on va fermer, c'est difficile. Je m'inquiète: les salaires sont déjà bas, alors avec la déduction du chômage...» A ses côtés, une fidèle cliente lance: «Moi, je croyais que ça marchait bien. C'est moche de fermer comme ça. Ça me fait mal au cœur, j'achète mes vêtements chez Yendi depuis 1976...» Soit depuis la création de la chaîne.


Aline Andrey

 

 

Edition n° 17 du 26 avril 2017

 
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