Meilleur plan social pour les travailleurs de Walo
Fruit d'un compromis l'accord conclu met un terme à un conflit marqué par 6 jours de grève

Se plaignant de pertes économiques, le groupe zurichois de génie civil Walo Bertschinger a décidé de fermer sa succursale genevoise et de se séparer de sa quarantaine de collaborateurs. Soutenus par les syndicats Unia, Syna et SIT, les ouvriers se sont mobilisés pour obtenir un plan social «digne de ce nom» et à la hauteur d'une entreprise employant plus de 2200 travailleurs à travers le pays.

Le conflit opposant les travailleurs genevois de Walo Bertschinger à leur employeur a trouvé une issue par la signature d'un plan social sous l'égide de la Commission paritaire du gros œuvre (CPGO). Soutenus par les syndicats Unia, Syna et SIT, une trentaine d'ouvriers avaient mené à la fin mars une grève de six jours afin d'obtenir un plan social «digne de ce nom». Le groupe zurichois de génie civil ayant décidé de fermer sa succursale genevoise et de se séparer de sa quarantaine de collaborateurs.
Grâce à leur mobilisation, les travailleurs avaient déjà obtenu de notables améliorations à la proposition initiale de la direction de Walo, qui ne concédait qu'une indemnité équivalant à un mois de salaire pour solde de tout compte. Six salariés licenciés en 2016 étaient intégrés à la procédure de licenciement collectif et au plan social, les indemnités portées jusqu'à huit mois de salaire en fonction de l'ancienneté et une douzaine de postes à pourvoir dans la région lausannoise proposés prioritairement aux ouvriers les plus âgés. Ces personnes réengagées bénéficiant aussi du plan social, c'était là encore une revendication syndicale. L'offre avait cependant été jugée insuffisante par les travailleurs. En contradiction avec la Convention collective nationale du secteur principal de la construction (CN), Walo refusait d'adapter les indemnités en fonction des situations personnelles et familiales des travailleurs. De plus, la moitié des salariés ayant plus de 50 ans, des mesures étaient exigées afin d'éviter que cette catégorie de travailleurs ne se retrouve au chômage, plongée dans la précarité et ne perde le droit à la retraite anticipée à 60 ans.

Conciliation devant la CPGO
Walo ayant refusé une procédure de conciliation devant la Chambre des relations collectives de travail, les syndicats avaient alors saisi la CPGO, une première pour cette instance qui veille à l'application de la CN. «Personne n'y croyait, ni les patrons ni nous, mais cela a tout de même fonctionné», reconnaît Yves Mugny, responsable du secteur construction d'Unia Genève. Deux juges ont été désignés pour encadrer les discussions: le président de la section genevoise de la Société suisse des entrepreneurs et le secrétaire régional d'Unia, Alessandro Pelizzari. «Ils ont bien joué le jeu de la conciliation.» Il n'aura fallu que deux séances pour trouver un accord.
«On a réussi lors de l'ultime round de négociations à obtenir ce qu'avaient demandé les travailleurs lors de leur dernière assemblée et même un peu plus», relève Yves Mugny. Au final, il sera tenu compte des situations familiales, les indemnités seront notamment majorées de 10% par enfant. Ceux qui n'auront pas retrouvé un travail seront plus aidés, les travailleurs ayant moins de dix ans de boîte obtiendront ainsi un mois de salaire supplémentaire s'ils restent au chômage. Enfin, les travailleurs âgés seront mieux protégés. «Nous avons fait en sorte de les rapprocher le plus possible de la retraite anticipée, en essayant de mettre tous les garde-fous possibles et de diminuer au maximum les risques», indique le secrétaire syndical. «Ce plan social constitue une nette amélioration sur la proposition de départ. De notre point de vue, un groupe tel que Walo pouvait toutefois se permettre davantage. Mais c'est le fruit d'un compromis que les travailleurs ont accepté.»

Jérôme Béguin

 

 

Edition n° 18 du 3 mai 2017

 
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