Les électros vaudois renforcent leur mobilisation
A l'appel du comité d'action d'Unia de nombreux travailleurs se sont rassemblés sur la place de la Riponne à Lausanne

Organisés au sein d'un comité militant de branche mis sur pied par Unia, les électriciens vaudois revendiquent des améliorations de la convention collective de travail (CCT) nationale, notamment en matière salariale. Les électriciens sont en effet les parents pauvres du secteur de la construction.

De bonnes grillades, des discours combatifs et une belle détermination. Près d'une centaine de personnes se sont réunies le 20 juin sur la place de la Riponne à Lausanne à l'appel du Comité d'action des électriciens vaudois animé par Unia. Secrétaire syndical, Laurent Tettamanti a rappelé que l'électricité est un «secteur difficile, où il y a beaucoup d'exigences en matière de formation et de responsabilités, mais dont les salaires sont bas, les indemnités de repas faibles et où il n'existe pas de majoration pour le travail en dehors des horaires normaux». Les électriciens sont les parents pauvres de la construction et, pour «changer la donne», Unia Vaud a mis en place l'année dernière un comité de branche militant et organisé à la base.
Plusieurs actions ont été menées depuis, dont la dénonciation retentissante le 23 mars dernier à Etoy de l'entreprise Loth Electricité, qui ne respectait pas la convention collective de travail (CCT) et pratiquait le dumping salarial. «L'action a permis de récolter de l'argent pour cinq camarades, et que Loth s'engage à changer ses pratiques. C'est un exemple de ce que nous ne voulons plus voir dans le canton. Trop d'entreprises violent en toute tranquillité la CCT et la Loi sur le travail. On espère arriver à remettre au pas ces patrons», a expliqué Laurent Tettamanti. Pour remporter ce succès chez Loth, «on a utilisé nos propres forces et l'action directe», a souligné un travailleur. «Les patrons doivent maintenant savoir que s'ils ne respectent pas nos droits, on sera là et on ne se laissera pas faire, on ne reculera pas!»

Revendications pour la CCT
De son côté, l'Acvie, l'association patronale vaudoise de la branche, n'apprécie guère les actions du syndicat. «On ne recherche pas la guerre avec les patrons, nous voulons un dialogue constructif, on aimerait bien discuter et travailler ensemble pour avancer», a précisé un électricien. «En attendant, on doit continuer à se battre car notre seule force est dans la mobilisation», a-t-il ajouté en annonçant une «grande action au mois de septembre qui va mettre la pression sur le patronat».
Dans le cadre du renouvellement de la CCT nationale, les électriciens vaudois revendiquent des améliorations tant sur le plan des salaires, des paniers-repas, de la majoration des heures effectuées le soir et le samedi qu'en matière de paiement des temps de déplacements. Ils veulent également obtenir le droit de conclure un avenant vaudois, soit un accord complémentaire permettant d'améliorer certaines dispositions de la CCT.
«Il y a beaucoup de collègues qui ont peur de nous rejoindre parce qu'ils ont peur de leur patron et de perdre leur place de travail. Plus nous serons nombreux, plus ils sentiront qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils sont soutenus par le comité. Si chaque personne présente ce soir arrive à mobiliser cinq personnes, eh bien on sera cinq fois plus», a encore dit un salarié, en invitant les participants à «partager un max» les informations du comité.

Jérôme Béguin


Les électros à Radio Django

Les électros vaudois d'Unia seront les invités de la prochaine émission La Pause syndicale, diffusée le premier mardi de chaque mois lors du Grand Direct de Radio Django. Rendez-vous le mardi 4 juillet à 18h sur www.django.fm.
Les émissions peuvent être podcastées par la suite.
L'ES

 

 

Edition n° 26/27 du 28 juin 2017

 
Imprimer l'article
 
Haut de la page