La solidarité est toujours la tendresse des peuples
Le Groupe Nicaragua de Delémont anime le jumelage entre la capitale jurassienne et une Municipalité nicaraguayenne

Le Groupe Nicaragua de Delémont s'engage depuis 1986 dans la coopération avec ce pays d'Amérique centrale. L'association organise toute une série d'activités culturelles durant cette seconde partie du mois de septembre, qui permettront de découvrir ses activités, mais aussi d'appréhender un pays contrasté, de mieux comprendre les changements à l'œuvre en Amérique latine ou encore de réfléchir sur la solidarité internationale.

La solidarité, c'est la tendresse des peuples, disait le poète et figure historique du sandinisme Tomas Borge. La jolie formule est la devise du Groupe Nicaragua de Delémont. Cette association, qui anime le jumelage institué en 1986 entre la capitale jurassienne et la Municipalité de La Trinidad, petite ville du Nicaragua, organise toute une série d'activités culturelles durant cette seconde partie du mois de septembre (voir le programme ci-contre).
C'est dans les années 1980 que de nombreux jeunes progressistes avaient répondu à l'appel du Gouvernement nicaraguayen, dirigé par le Front sandiniste de libération nationale, à venir soutenir un ambitieux programme de réformes sociales. L'invitation avait trouvé un écho auprès d'une équipe de Delémontains qui, après la signature d'un acte de jumelage, s'étaient rendus sur place pour aider à la construction d'une école. «Depuis, on n'a pas lâché le morceau», explique Jean Parrat, coordinateur du Groupe Nicaragua. «On a construit des dizaines de maisons, des centaines de latrines, des puits et des canalisations, entre autres. Il n'y a pas de raison que l'on n'aide pas des gens qui veulent sortir de la pauvreté. C'est d'autant plus aisé que le gouvernement actuel s'engage activement en faveur des plus démunis. Et c'est aussi pour respecter la mémoire de nos deux camarades assassinés.» En 1986, le Fribourgeois Maurice Demierre, coopérant de Frères sans frontières, et le Vaudois Yvan Leyvraz, attaché à l'Œuvre suisse d'entraide ouvrière, étaient tombés dans des embuscades tendues par les «contras», ces contre-révolutionnaires, anciens partisans du sanguinaire dictateur Somoza armés par la CIA.

Dégâts de l'ultralibéralisme
Une fidélité et un engagement sans faille malgré les aléas de l'histoire. En 1990, la droite remporte la victoire aux élections, provoquant la fin de la révolution sandiniste et le début d'une régression sociale considérable à coups d'ajustements structurels supervisés par le FMI. En soixantième position sur l'échelle du développement humain des Nations unies en 1990, le Nicaragua dégringole une décennie après au 116e rang. En 2007, l'ancien président sandiniste Daniel Ortega est remis aux commandes de l'Etat, qu'il n'a plus lâchées depuis. «Les accointances d'Ortega avec l'Eglise et l'interdiction de l'interruption de grossesse ne nous plaisent évidemment pas», reconnaît Jean Parrat. «Ce gouvernement n'est plus révolutionnaire, c'est sûr, mais beaucoup d'actions qui sont menées vont dans le bon sens. Le pays a subi dix-sept ans d'ultralibéralisme, j'ai vu de près la descente aux enfers et les dégâts occasionnés sur les systèmes éducatif et de santé, je peux constater la différence. Si je regrette la conversion d'Ortega à un certain réalisme, je dois reconnaître que cela permet de faire évoluer le pays, qui a la croissance la plus forte d'Amérique latine avec 6 à 7%. On peut certes critiquer l'action de ce gouvernement, mais ça serait bien qu'en Suisse on en fasse le dixième...»

Jérôme Béguin

Infos sur www.groupe-nica.ch




Fêtes et réflexions sur la solidarité et l'Amérique latine
Pour marquer trois décennies d'engagement, le Groupe Nicaragua organise toute une série d'activités culturelles durant cette seconde partie du mois de septembre. Le samedi 16 septembre à 16h, rendez-vous à la place de l'Etang de Delémont pour une inauguration d'une «place de La Trinidad» en présence des autorités; suivie à 17h du vernissage à la Galerie Paul-Bovée de l'exposition de photos «Vie et travail des deux côtés du monde» réalisée par le Groupe Nicaragua; à 18h30, à la salle St-Gorges, l'ambassadeur du Nicaragua en Suisse interviendra sur le thème de «La solidarité internationale aujourd'hui», avant un repas et une fête (inscription souhaitée auprès de groupe.nicaragua@gmail.com). Le mercredi 20 septembre, le journaliste Maurice Lemoine, ancien du Monde diplomatique, donnera une conférence sur le «Nouveau cycle politique en Amérique latine» à 20h au Musée jurassien d'art et d'histoire. Le dimanche 24 septembre, le film La Yuma, portrait d'un pays contrasté, sera projeté à 17h au cinéma La Grange. Enfin, une soirée de soutien au Groupe Nicaragua est agendée à la Brasserie des Franches-Montagnes de Saignelégier le 30 septembre.
JB

 

Edition n° 37/38 du 13 septembre 2017

 
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