La mobilisation chez Generali distinguée par un prix
Les délégués de la fédération syndicale internationale Uni global Union ont décerné un prix à Unia

Le 10 octobre, Unia et des travailleurs de Generali ont reçu un prix de la fédération internationale des syndicats des services pour la lutte exemplaire menée l'année dernière chez l'assureur nyonnais. Pour la première fois en Suisse des salariés d'une assurance se mettaient en grève pour sauver leurs emplois.

Il n'est pas peu fier Yves Defferrard, le cosecrétaire régional d'Unia Vaud, du prix que le syndicat s'est vu décerner pour le mouvement chez Generali. Pour mémoire, l'année passée, l'assureur italien annonçait une restructuration entraînant la suppression de 8000 emplois à travers le monde. A Nyon, il était prévu que 108 postes de travail soient délocalisés à Zurich. Les employés avaient alors rejoint massivement le syndicat et, après des mois de conflit et une grève, avaient réussi à conserver près de cent postes sur le site et conclu un plan social pour les 18 salariés finalement licenciés.
Cette mobilisation exceptionnelle n'est pas passée inaperçue chez Uni Global Union. La fédération syndicale internationale du secteur des services, qui regroupe 900 syndicats, dont Unia, et qui est par ailleurs aussi basée à Nyon, a décidé de lui attribuer un prix «Breaking Through» («Aller de l'avant»). Cette distinction est décernée par 130 délégués à des syndicats ayant enregistré une croissance exceptionnelle et une mobilisation marquante.

Courage des salariés
«Pour moi, ce prix récompense en premier lieu la mobilisation extraordinaire des salariés. Il faut souligner leur courage, il leur a fallu résister à des pressions énormes et tenir près de trois mois durant lesquels la direction refusait de nous reconnaître et de discuter», explique Yves Defferrard, qui a supervisé le dossier et reçu le «Breaking Through» le 10 octobre dernier entouré de travailleurs de Generali. «Les salariés et l'équipe syndicale ont fourni un travail énorme, nous avons pu délivrer un rapport détaillé, qui a poussé la direction à revoir sa position et à suivre largement nos propositions. Ce qui a été primé, à mon sens, c'est ce travail collectif, ainsi que la collaboration internationale entre syndicats. Enfin, il faut relever que nous avons pu compter sur un comité composé de tous les partis de gauche nyonnais, d'associations et de citoyens, qui a mis la pression et nous a apporté un soutien populaire. Notre priorité était de tout faire pour sauver les emplois. Certes, au final, nous avons eu 18 licenciements de trop. Ce n'est donc pas un carton plein comme avec Novartis en 2012. Mais le résultat est tout de même remarquable au regard du nombre de licenciements initial et d'autres restructurations d'entreprises, qui ne connaissent guère de tel mouvement», juge le cosecrétaire régional d'Unia Vaud.

Première grève dans les assurances
«On ne fait pas le job de syndicaliste pour recevoir des prix, mais on peut se féliciter qu'il récompense une lutte syndicale exemplaire. Il s'agit de la première grève en Suisse dans les assurances, c'est un tournant, qui a permis de positionner Unia comme le syndicat de la branche, ce qui n'est pas rien. Un bon nombre de salariés des assurances se sont du reste syndiqués depuis. Et la Suisse n'avait jamais reçu ce prix. Unia, qui a été reconnu par ses pairs, peut en être fier. Ainsi, contrairement à une idée reçue, en Suisse on sait aussi utiliser des mesures de lutte. Les salariés ont eu raison de choisir la voie de la grève. Je suis fier qu'ils aient donné leur confiance à Unia, fier de notre organisation et de sa crédibilité», souligne encore Yves Defferrard, avant de prévenir: «Il va falloir que les salariés restent vigilants, organisés et proches du syndicat car chez Generali tout n'est pas réglé.»

Jérôme Béguin

 

 

Edition n° 44 du 1 novembre 2017

 
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