Manifestation de solidarité avec le Rif
Un an après la mort d'un vendeur de poisson à Al Hoceima au Maroc et le début d'un vaste mouvement social

Un an après la mort d'un vendeur de poisson à Al Hoceima au Maroc et le début d'un vaste mouvement social, un rassemblement s'est déroulé le 28 octobre à Lausanne

Le 28 octobre marquait le premier anniversaire de la mort de Mouhcine Fikri, vendeur de poisson de 31 ans, broyé par un camion poubelle qui enlevait sa marchandise à Al Hoceima dans le Rif marocain. Une mort qui a soulevé un large mouvement de contestation dans la région, le Hirak, jalonné de nombreuses manifestations reflétant un profond malaise social. Ce mouvement a été dès le début sévèrement réprimé et quelque 450 personnes sont emprisonnées. Certains détenus ont entamé une grève de la faim pour dénoncer cette répression et leurs conditions de détention. Ils sont actuellement en situation critique.
Pour commémorer cet anniversaire et exiger la libération de tous les détenus, dont de nombreux syndicalistes, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées le samedi 28 octobre à la place de l'Europe à Lausanne, à l'invitation du groupe Regards critiques de l'Université, soutenu par diverses organisations dont Solidarités, le POP, les Jeunes verts et la Jeunesse socialiste. Les manifestants ont aussi apporté leur soutien aux revendications du mouvement, revendications tant sociales qu'économiques, notamment pour la levée du blocus économique de la région, contre la corruption généralisée et pour la construction d'infrastructures publiques telles qu'université et hôpital.
Par ailleurs, l'Union syndicale vaudoise (USV), puis l'assemblée des délégués de l'Union syndicale suisse (USS) du 3 novembre, ont adopté à l'unanimité une résolution de solidarité avec le Rif, appelant «à la libération immédiate des syndicalistes et de tous les détenus politiques du Hirak, du Rif et de Zagora (et plus largement du Maroc) avec l'abandon des charges qui pèsent sur eux». L'USV comme l'USS précisent qu'elles soutiennent les revendications du mouvement «qui, de l'aveu même des institutions royales, sont légitimes». Dans leur prise de position, les faîtières syndicales invitent toutes les organisations et personnes défendant la démocratie et la justice sociale à signer leur résolution adressée à l'ambassade du Maroc.
SH

 

 

Edition n° 45 du 8 novembre 2017

 
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