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Les vendeuses et vendeurs neuchâtelois obtiennent gain de cause
Le Grand Conseil refuse d'instaurer un second dimanche d'ouverture des magasins

Les commerces neuchâtelois n'ouvriront pas un deuxième dimanche par année, la majorité du Grand Conseil a refusé le 27 mars de suivre sur cette voie le groupe libéral-radical. La gauche, rejointe par des députés UDC, estime que la question des horaires d'ouverture est du ressort des partenaires sociaux. De quoi réjouir la quinzaine de syndicalistes d'Unia rassemblés dans la cour du Château. «C'est une victoire de plus et on est prêt pour la prochaine», se félicite la vendeuse Anouk Besson. Organisé par Unia Neuchâtel, le groupe militant de vendeurs et de vendeuses s'était fortement mobilisé en 2016 contre le projet de Loi fédérale sur les heures d'ouverture des magasins, puis, l'année suivante, avait obtenu que l'ouverture dominicale annuelle des commerces du canton ne tombe pas le 24 décembre 2017. «On veut préserver notre vie privée, notre vie de famille et nos activités», explique la vendeuse chaux-de-fonnière, qui relève qu'«il n'existe aucune structure d'accueil pour les enfants le dimanche et que la vente emploie beaucoup de femmes, dont un certain nombre de mères célibataires».
«A un moment, il faut dire stop», estime Yvette Glardon, militante venue au rassemblement par solidarité. «Il faut respecter la vie de famille, surtout dans les conditions dans lesquelles on travaille aujourd'hui. Les gens bossent comme trois de nos jours et sont épuisés», constate cette ancienne salariée de l'industrie mécanique. «Et puis, de toute façon, ouvrir un dimanche supplémentaire, ça ne changerait rien. Le client ne va pas voir son pouvoir d'achat augmenter. Face au tourisme d'achat, c'est le prix qui compte. Et il n'est pas encore rentré dans la tête du Neuchâtelois d'aller faire ses courses le dimanche», pense Anouk Besson, fâchée aussi que le PLR ait déposé son projet «sans consulter les partenaires sociaux, le syndicat et le personnel». Responsable du secteur tertiaire d'Unia Neuchâtel, David Taillard juge le procédé «navrant». «On est ouvert à la discussion sur les conditions de travail et les horaires en font partie, mais on ne veut pas être court-circuité.»

Jérôme Béguin

 

Edition n° 15 du 11 avril 2018

 
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