Les employés d’Epsilon gagnent une première bataille

manifestation ex-employés Epsilon
© Neil Labrador

Alors que les salariés d’Epsilon ont obtenu des améliorations salariales et de leurs conditions de travail, des anciens employés ont manifesté le 17 septembre devant le bâtiment de La Poste de Montbrillant à Genève, où se tenait une rencontre entre le syndicat et l’employeur, pour que l’accord s’applique également à eux.

Après des mois de mobilisation, les porteurs de journaux genevois ont obtenu des améliorations de leurs conditions de travail et près de 600000 francs d’arriérés de salaire. La lutte se poursuit

Souvenez-vous, l’année passée, nous relations le combat des porteurs de journaux genevois d’Epsilon, filiale de La Poste*. Ces derniers avaient poussé la porte du syndicat après avoir reçu une lettre de congé-modification, les contraignant soit à accepter des conditions de travail au rabais, soit à partir. Mais ce n’était que la pointe de l’iceberg. En étudiant le dossier, Unia mettait le doigt sur de nombreux dysfonctionnements. Salaires de misère, non-respect du contrat-type de travail, absence de système d’enregistrement du temps de travail, sans oublier un climat de travail délétère: la situation était devenue insupportable pour la soixantaine d’employés. Après un préavis de grève déposé par le personnel, La Poste avait annulé les congés-modifications et accepté de négocier.

Aujourd’hui, la lutte a porté ses fruits et une solution à l’amiable a pu être trouvée. Dix mois après notre premier article, les travailleurs ont obtenu l’adaptation de leurs paies aux salaires minimums en vigueur et l’introduction des suppléments pour travail de nuit. Par ailleurs, un système de saisie du temps de travail a été mis en place afin de leur garantir une rémunération juste. Ce n’est pas tout. Les porteurs de journaux ont enfin réussi à obtenir le paiement des salaires rétroactifs pour un montant total de 600000 francs. Dans le reportage télévisé de l’émission suisse alémanique «10vor10», les salariés et le syndicat se montrent très satisfaits de l’accord négocié, un résultat rendu possible grâce à «l’extraordinaire solidarité des employés et à leur détermination», selon Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia.

Pour un nouveau système salarial

Si les grandes lignes du conflit ont pu être réglées, la question du système salarial reste encore ouverte. «La solution récemment négociée est plus avantageuse qu’avant mais relève encore du bricolage», souligne le syndicaliste. C’est pourquoi il est prévu d’entamer sous peu des pourparlers sur le futur système salarial avec le personnel d’Epsilon. Affaire à suivre, donc.

*L’ES no 46 du 14 novembre 2018.

 

Les ex-employés veulent aussi leur part!

Si les porteurs de journaux actuellement en place ont obtenu gain de cause, ce n’est pas encore le cas des anciens employés. Bien qu’ils aient aujourd’hui quitté Epsilon, ils exigent réparation, au même titre que les autres. Organisés par Unia, ils sont une vingtaine à demander le remboursement de leurs arriérés de salaires sur les cinq dernières années. Le syndicat, qui assure que, légalement, ils ont les mêmes droits que les autres, poursuit les négociations avec La Poste à ce sujet et bataille pour que l’accord s’applique aussi aux anciens salariés.

Le 17 septembre, alors qu’une rencontre avait lieu entre les partenaires sociaux à ce sujet dans les locaux de La Poste à Genève, une quinzaine d’anciens collaborateurs se sont rassemblés, pancartes et sifflets à la main, pour accentuer la pression. Andrès, qui a travaillé pour Epsilon pendant quatre ans jusqu’en 2012, témoigne: «Nous étions très mal payés, les horaires nocturnes n’étaient pas pris en compte, nous n’étions pas ou mal équipés et on trouvait toujours des excuses pour nous enlever du salaire. Nous avons suivi le combat des collègues en place, que nous avons trouvé juste. Quand on a appris qu’ils étaient sortis victorieux de ces négociations, cela nous a encouragés à nous mobiliser à notre tour. Pour l’instant, La Poste se moque de nous: la proposition qu’elle nous a faite, c’est de la rigolade. C’est pourquoi nous avons décidé de mener cette action, pour montrer que nous sommes déterminés!» MT