Les syndicats se mobilisent pour l’Ukraine

Les manifestations contre la guerre et les appels à la solidarité se multiplient pour venir en aide au peuple ukrainien de la part des populations, des ONG, mais aussi du monde syndical dans de nombreux pays

«Les syndicats affiliés à Industriall et leurs membres luttent pour leur survie et ont un besoin urgent de solidarité et de soutien financier.» Le 9 mars, la faîtière internationale a alerté sur les besoins des syndicalistes ukrainiens sur place et relayé les propos tenus par un de leurs leaders, lors d’une réunion en ligne: «Nous connaissons un hiver très froid. La nourriture vient à manquer. C’est une grande tragédie humanitaire.» Industriall souligne, dans un communiqué, que «seule la moitié des entreprises du pays sont encore en activité et nombre d’entre elles sont confrontées à des problèmes d’approvisionnement». «De nombreux membres de syndicats sont désormais des soldats. Les travailleurs du nucléaire ont évoqué les dangers très réels causés par l’attaque russe contre la centrale nucléaire de Zaporizhzhia et l’occupation du site de Tchernobyl.»
Les faîtières syndicales se mobilisent afin de soutenir le travail humanitaire de la Fédération des syndicats de l’Ukraine (FPU) et de la Confédération des syndicats libres de l’Ukraine (KVPU), représentant près de 5 millions de personnes. Début mars, lors d’une réunion virtuelle rassemblant quelque 180 syndicalistes partout en Europe, le président de la FPU témoignait de leur engagement pour venir en aide à la population.

Les membres de la Confédération européenne des syndicats (CES) s’emploient à leur fournir une aide financière et veulent «agir auprès de l’UE pour qu’elle entame toutes les actions nécessaires contre le Gouvernement russe pour qu’il mette fin à la guerre, pour porter assistance aux réfugiés et pour assurer la protection sociale des personnes restées en Ukraine».

«Restaurer l’espoir»

Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), en appelle à la paix par le dialogue. «Les troupes russes doivent se retirer d’Ukraine immédiatement, lance-t-elle dans un message vidéo. Nous lèverons des fonds pour que les syndicats ukrainiens puissent continuer à lutter pour la paix et la démocratie. Nous voulons une sécurité commune, basée sur un nouveau contrat social qui garantisse des emplois, la protection sociale et l’égalité. Nous devons restaurer l’espoir et la confiance.» Dans une pétition de solidarité, la CSI demande également «l’imposition de sanctions visant, en particulier, les oligarques et l’entourage du président Poutine».

Fin février, l’USS s’est jointe aux appels de la CSI et de la CES pour exiger l’arrêt immédiat des actes de guerre en Ukraine. Unia, dans une invitation à manifester, souligne que «la pensée militaire par blocs et le réarmement mènent à une impasse. La sécurité n’existe que par le renoncement global aux armes nucléaires et le désarmement universel, ainsi que par plus de justice sociale et de démocratie, dans le monde entier. Nous nous engageons pour des solutions pacifiques et soutenons les personnes courageuses qui s’engagent en Russie pour la paix et contre la guerre, malgré une répression massive.» Les syndicats et d’autres organisations, tels que le GSSA, et les partis de gauche demandent notamment l’arrêt des combats et le retrait des troupes russes; des négociations pour une solution politique et des mesures de désarmement; des sanctions et des contrôles du commerce des matières premières; et l’accueil des réfugiés de guerre, sans discrimination. Samedi 5 mars, à Zurich, répondant à l’appel des syndicats, des partis et des organisations de gauche, plus de 40000 personnes ont manifesté pour la paix. A cette occasion, la présidente d’Unia, Vania Alleva, s’est exprimée: «La guerre d’agression criminelle ne se justifie en rien. La Suisse doit tout mettre en œuvre pour faire parvenir l’aide humanitaire aux personnes les plus touchées. Et les réfugiées et réfugiés de guerre doivent être accueillis chez nous sans réserve. De cette guerre, comme de toutes les autres.»

Pour signer la pétition de solidarité de la CSI, aller sur: petitions.ituc-csi.org

Pour lire l’intégralité du discours de Vania Alleva, aller sur: unia.ch