Mobilisation des agents de sécurité payante

La force obligatoire de la Convention collective de travail vient d’être prolongée par le Conseil fédéral, des avancées importantes entreront en vigueur en 2020 et des négociations salariales débuteront en fin d’année

Bonnes nouvelles pour les services de sécurité privés. Grâce à la mobilisation et à la détermination des agents de sécurité, des avancées significatives ont pu être obtenues. Tout d’abord, le Conseil fédéral a tout récemment avalisé la prolongation de la force obligatoire de la Convention collective de travail (CCT) de la branche pour 2019. «L’absence de force obligatoire est évitée de justesse», réagit Unia, ajoutant que cela «aurait gravement dégradé les conditions de travail dans la branche».

Il faut dire que, ces deux dernières années, les négociations avec l’Association des entreprises suisses de service de sécurité (AESS) étaient pour le moins difficiles.

Au-delà du renouvellement de la CCT pour cette année en cours, des améliorations conventionnelles ont pu être conclues entre les partenaires sociaux pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2020. «Nous avons enfin réussi à faire bouger les employeurs sur la nécessité de réduire les écarts salariaux entre les employés à l’heure et les employés fixes, informe Arnaud Bouverat, membre de la direction du secteur tertiaire à Unia. L’autre mesure clé, c’est la mise en place du contrôle du temps de travail et de repos par jour, ainsi que la limitation des longues semaines de travail.»

Encore insuffisant

D’autres changements sont à prévoir dans cette nouvelle convention, notamment l’ajout d’un supplément financier pour le port d’armes à feu jusqu’à 150 francs par mois, le passage du congé paternité de un à trois jours, l’amélioration des congés, la régulation de la sous-traitance et l’augmentation ciblée des salaires d’entrée en fonction de 0,5 à 1% selon les catégories. Enfin, une plus large flexibilité a été accordée pour les heures négatives en fin d’année: elles pourront être reportées jusqu’à concurrence de -10% sur le décompte de temps de l’année suivante.

«L’AESS a davantage cédé sur la logique que sur l’ampleur des mesures qui n’est pas suffisante, commente le syndicaliste. L’augmentation des salaires minimaux reste ciblée et modeste. Ce n’est donc qu’une étape, c’est pourquoi de nouvelles négociations salariales auront lieu dès la fin de cette année.»

Dans leur communication, les partenaires sociaux ont également tenu à rappeler la concurrence effrénée sur les prix à laquelle leur branche est soumise. «Les représentants patronaux et syndicaux en appellent à la responsabilité des autorités publiques de ne sélectionner, dans les appels d’offres, que des entreprises respectant la CCT de force obligatoire et veillant à la qualité des conditions de travail et des prestations.»

Les employés de sécurité membres Unia sont invités à venir découvrir le texte exact de la CCT et faire part de leurs revendications salariales à la conférence de branche du 30 septembre à Berne. Vous pouvez d’ores et déjà vous annoncer à tertiaire [at] unia.ch