Précarité: doubles-jobs

Paradoxalement, alors que le nombre de postes de travail qui manqueraient en Suisse pour combler les besoins des salariés et des chômeurs s’élève à près de 300000 (voir ici), environ 400000 personnes doivent travailler pour deux employeurs ou plus afin de pouvoir joindre les deux bouts.

C’est ce qu’a révélé le Sonntagsblick mi-août sur la base de nouveaux chiffres de l’Office fédéral de la statistique. D’après ces résultats, durant le premier trimestre 2019, 393000 personnes ont travaillé pour deux employeurs ou davantage, soit 8,7% de la population active. Un taux record. Qui a plus que doublé depuis 1991, année où il s’élevait à environ 4%.

Selon le journal dominical alémanique, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à disposer de deux occupations. Ainsi plus de 10 femmes sur 100 ont deux emplois ou plus, alors que la part des hommes est de 5 sur 100. Dans certaines branches comme l’industrie ou le nettoyage, les jobs multiples peuvent concerner jusqu’à 24 femmes sur 100. En Suisse, cette différence entre les sexes est la plus forte d’Europe, constate le Sonntagsblick.

Cette précarité est due tant à des contraintes économiques que familiales, notamment pour des femmes avec enfants obligées de cumuler plusieurs petits boulots, face au manque de structures d’accueil pour les enfants. Les personnes sans formation sont également les plus touchées par ces doubles activités.