SOS réfugiés bloqués en Grèce

Gilets de sauvetage.
© Neil Labrador

Quelque 33000 personnes ont signé un appel demandant au gouvernement qu’il accueille des réfugiés entassés dans des camps en Grèce

«Une catastrophe silencieuse se déroule sous nos yeux sur les îles grecques de la mer Egée. Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés des zones de guerre et de conflit y sont bloqués sans aucune protection.» Plus de 120 ONG, associations actives dans le domaine de l’asile, organisations de défense des droits humains, syndicats dont Unia, etc., ont lancé la semaine dernière, à la période de Pâques, un appel en ligne demandant au Conseil fédéral et au Parlement d’accueillir «le plus grand nombre possible» de migrants bloqués dans des camps en Grèce. Cette requête a d’ores et déjà rencontré le soutien de quelque 33000 signataires dont plusieurs personnalités des mondes politique, artistique et socioculturel. Les initiateurs soulignent la situation humanitaire dramatique à laquelle sont confrontés les exilés qui n’ont pas la garantie d’accéder à des soins médicaux et ne peuvent déposer une demande d’asile, les procédures étant provisoirement suspendues. L’exemple du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, est dépeint comme particulièrement effroyable. Selon les organisations caritatives, les résidents – dont une majorité de femmes et d’enfants – ne bénéficient pas d’abris sûrs. Ils vivent dans de petites tentes ou des huttes qu’ils ont construites et doivent faire la queue durant des heures pour recevoir une nourriture souvent non comestible. Les conditions d’hygiène sont aussi déplorables avec un robinet d’eau pour 1000 personnes. Une situation particulièrement dangereuse au regard de la pandémie de coronavirus. Dans ce contexte, les pétitionnaires attendent du gouvernement qu’il agisse. Et ce immédiatement. «Le nombre de demandes d’asile en Suisse est à un niveau historiquement bas. Notre Etat a les moyens financiers, les capacités d’hébergement et les ressources humaines nécessaires pour contribuer de manière significative à l’évacuation des camps», déclarent en substance les organisations à l’origine de la démarche. Qui estiment que la Suisse, en tant qu’Etat partie prenante du règlement Dublin, partage la responsabilité du drame qui se joue en Grèce. Aussi réclament-elles un «signal clair et courageux» des autorités au nom d’une tradition humanitaire qui, pour se perpétuer, doit aussi être «renouvelée en temps de crise». «Il y a des moments où l’on peut faire de beaux discours. Et il y a des moments où il faut agir», conclut l’appel.

Pour signer l'appel: evacuer-maintenant.ch