«Swiss Interim ne doit plus être autorisé à exercer»

En sursis concordataire, la société de travail temporaire accumule 750 000 francs de dettes, dont plus de 70 000 francs de salaires impayés à son personnel. Unia dénonce un scandale

Juste avant Noël, la boîte de placement Swiss Interim TTF a licencié son personnel, actif dans la construction et le nettoyage, et fermé ses bureaux. Présente dans cinq cantons romands, elle laisse plusieurs dizaines de travailleurs sur le carreau, et des arriérés de salaires et de vacances impayés pour un montant de base estimé à 70 000 francs. Les créances globales sont bien plus élevées puisque l’entreprise de travail temporaire cumulerait 680 000 francs de poursuites auprès de la Suva et de l’AVS. Si Swiss Interim TTF paraît à bout de souffle, elle n’est pas en faillite, mais en sursis concordataire provisoire. Une procédure permettant à la principale intéressée de trouver un accord avec ses créanciers.

Légitimité perdue

Pour le syndicat, qui soutient les employés lésés, il est urgent que l’insolvabilité soit prononcée et que l’autorisation d’exercer de la société soit retirée. «La position du Service de l’emploi vaudois est de laisser une chance à l’entreprise, mais on parle d’une coquille vide qui n’emploie plus personne, qui ne donne aucun signe de vie et qui a enfreint les dispositions du droit du travail», dénonce Nicolas Rochat Fernandez, juriste à Unia. La question qu’il se pose est la suivante: comment va-t-elle rembourser toutes ses dettes et pouvoir continuer à vivre? «Même si Swiss Interim venait à rembourser tout ce qu’il doit, il n’a plus aucune légitimité. Sans oublier les centaines de milliers de francs de créances auprès de la Suva et de l’AVS, qui signifient que, tout ou partie des salariés ont vu leurs cotisations sociales être prélevées sans aucune garantie qu’elles aient été versées aux caisses. C’est un scandale!» Selon les déclarations du Département de l’économie au Parlement vaudois, Swiss Interim TTF aurait une réserve de 1 million de francs de sûreté, déblocables seulement en cas de faillite de la société ou en cas de retrait de son autorisation d’exercer. «Cela couvrirait amplement ses dettes. Il est temps que le Seco et le Conseil fédéral réagisse», conclut Nicolas Rochat Fernandez.