Rejet de l’initiative pour les glaciers

Le Conseil national a rejeté le 3 mars dernier l’initiative populaire fédérale «Pour un climat sain» (initiative pour les glaciers). Il lui a préféré un contre-projet direct moins radical. Les deux propositions partagent un même but, à savoir atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Les députés n’ont toutefois pas souhaité un abandon définitif des énergies fossiles, défendu par les initiants. Ils se sont en revanche positionnés en faveur d’une réduction linéaire des émissions de gaz à effet de serre. «L’initiative pour les glaciers contient le strict minimum de ce que notre pays doit réaliser en termes de politique climatique (...). Son rejet, quelques jours après la publication du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr), est le signe d’une véritable inconséquence des parlementaires face aux défis climatiques. On attend un peu plus de sérieux de leur part. C’est extrêmement décevant», a commenté Georg Klingler, expert climat et énergie chez Greenpeace Suisse, dans un communiqué. Pour le collaborateur de l’ONG, la politique en la matière doit conduire la Suisse à rompre définitivement avec sa dépendance au gaz et au pétrole et ne pas «contenir d’échappatoire offerte au lobby pétrolier afin de lui permettre de protéger ses affaires». De son côté, l’Alliance climatique – réunissant plus de 120 organisations – a elle aussi regretté la décision de la Chambre basse. Et réclamé l’élaboration d’un contre-projet indirect efficace, «à la hauteur de l’urgence de la crise climatique». Elle a également cité dans son communiqué le dernier rapport du GIEC faisant écho à son cri d’alarme: 3,3 à 3,6 milliards des presque 8 milliards d’êtres humains vivent dans un environnement fortement menacé par le changement climatique...