Suppression du droit de timbre: ils sont donc insatiables!

En comparaison internationale, les entreprises suisses bénéficient déjà d'une fiscalité ultra-avantageuse. Ce privilège que rien ne justifie s'est encore accentué avec la dernière réforme fiscale. A titre d'exemple, son variant valaisan (RFFA VS) prive les collectivités publiques du canton de plus de 100 millions de recettes fiscales par année!

Mais cela ne leur suffit pas! Alors même que les grands groupes se noient déjà dans les bénéfices qu'ils engrangent année après année, et procèdent ainsi à des rachats d'actions pour en faire bénéficier leurs actionnaires plutôt que d'augmenter décemment le salaire de leur personnel, cette suppression du droit de timbre, qui correspond en fait à l'équivalent de la TVA dans le domaine financier, leur accorderait encore un avantage de plusieurs centaines de millions supplémentaires!

En refusant cette suppression du droit de timbre qui vise à favoriser encore les groupes financiers les plus riches, nous avons l'occasion de mettre fin à la boulimie des thuriféraires zélotes des baisses fiscales acharnées en faveur des entreprises.

En refusant cette réforme, qui a pour but d'enrichir encore plus ceux qui n'ont nul besoin de l'être davantage, nous nous plaçons résolument du côté de la justice fiscale et de la défense d'un Etat devant bénéficier de ressources suffisantes pour mener à bien des tâches utiles au plus grand nombre. La crise que nous traversons est là pour nous le rappeler.

En refusant cette réforme, nous signifions aussi aux idéologues qui ne visent qu'à favoriser ceux qui le sont déjà au détriment des collectivités publiques et des citoyennes et citoyens ordinaires, que nous considérons que les privilégiés de ce pays sont depuis trop longtemps rassasiés et qu'il est grand temps qu'ils réfrènent enfin leur avidité.

Blaise Carron, Monthey