La parole au patron
«C’est étonnant qu’Unia ait fait une telle action. Alors qu’au préalable, je n’avais reçu qu’un e-mail désordonné d’Unia avec un ultimatum à fin février.» L’employeur ne cache pas son étonnement. Et renverse toutes les accusations. Pourtant, Tamara Knezevic, secrétaire syndicale, lui avait envoyé une lettre de quatre pages, par courrier, lui demandant de se déterminer sur différents points soulevés afin de «régler ce litige à l’amiable».
«M’accuser de discriminations raciales et sexistes, c’est une atteinte à la réputation. Mon avocat est prêt à aller en justice, même si, jusqu’ici, je n’ai jamais porté plainte contre personne», ajoute le patron. Quand on lui explique que le message se voulait général en cette Journée des droits des femmes, il souligne que ces accusations se retrouvent toutefois dans un même faisceau d’informations.
Par rapport au licenciement de la pharmacienne, il estime que «ce n’est pas un double licenciement, mais seulement la fin du préavis». Une décision prise après avoir été, selon ses dires, insulté lors d’une réunion. Il ajoute qu’elle aurait reçu plusieurs avertissements pour des retards, et le non-respect des protections individuelles. Ce que réfute la secrétaire syndicale en charge du dossier. Le règlement interne mis en place par le patron de la pharmacie serait, selon ce dernier, le fait des conseils des employés de l’Inspection du travail. Tamara Knezevic, secrétaire syndicale, donne une autre version des faits: «C’est l’Inspection du travail qui a pris contact avec la direction, à la suite de la dénonciation d’employés interloqués par ce nouveau règlement. Et certains points ont été ensuite enlevés tant ils étaient répressifs.»
Concernant le pharmacien non payé pendant trois mois en été 2024, qui a fait appel au Tribunal des prud’hommes, il explique: «Il n’avait pas le droit d’exercer dans le canton de Vaud. Il n’a jamais fait les démarches pour avoir cette autorisation, ni ne m’a donné son extrait de casier judiciaire. J’ai voulu lui rendre service en lui donnant du travail de temps en temps, mais je ne pouvais pas le payer en cash. Pour ma part, je travaille en respectant la loi et la réglementation.» Quant à la vente de la pharmacie, il propose de venir vérifier les papiers et les comptes: «Je n’ai rien à cacher. L’ancienne propriétaire l’a vendue, alors qu’elle n’avait plus le droit de vendre, car elle avait des dettes et les actions étaient déjà en garantie auprès d’une banque et de fournisseurs. Je l’ai donc libérée de ses dettes, et j’ai réussi à redresser la situation de la pharmacie qui va aujourd’hui très bien. Mais elle devra répondre de ce qu’elle a fait. Dans tous les cas, c’est le Tribunal des prud’hommes qui en jugera. Il s’agit de laisser les hommes de loi légiférer.»
De son côté, Unia Vaud a reçu l’employeur dans la foulée de l’action du 8 mars. Celui-ci a refusé d’entrer en négociation. Affaire à suivre...