Du fair-play s.v.p.

Hors-jeu? A l’initiative de Solidarités Vaud, une quarantaine de manifestants se sont rassemblés jeudi dernier devant la fan zone d’Ouchy à l’occasion du coup d’envoi du Mondial de football en Russie renommé pour l’occasion la «Coupe du monde de la honte». «Nous ne trouvons pas normal qu’un pays qui bombarde les populations civiles en Syrie, annexe les territoires des pays voisins dans l’impunité totale et réprime tous ceux qui s’expriment contre sa politique puisse accueillir la Coupe du monde», a résumé, au micro de La Télé, Hanna Perekhoda, militante de Solidarités... Mais ils ne veulent pas nous lâcher les baskets un moment!? S’il fallait respecter les droits humains pour organiser cette compétition, bien peu de pays se porteraient candidats… Quant aux bombardements, relevons que la coalition internationale de 70 pays menée par les Etats-Unis a procédé à quelque 30000 frappes aériennes en Syrie et en Irak depuis 2014 et, que d’après une longue enquête du New York Times parue l’automne dernier, une opération sur cinq a provoqué des victimes civiles. Où pourrait bien alors se tenir la grande fête du ballon rond? En Suisse? Et encore…

Sortez les cartons Les militants ont tout de même raison, ce genre de grands raouts est l’opportunité de faire un peu de ramdam. Il s’agit aussi de faire pression sur la FIFA afin qu’elle s’engage pour le respect des droits humains et des normes sociales. Ainsi, en Russie, comme le dénonce Solidar Suisse, l’œuvre d’entraide proche des syndicats et du Parti socialiste, les constructeurs de stade ont été autorisés à augmenter de manière unilatérale les heures de travail sans compensation. En outre, les employeurs ont fait recours à une main-d’œuvre migrante, souvent exploitée. Il en est de même au Qatar, où 250000 travailleurs immigrés s’activent sur les infrastructures du Mondial 2022, dans des conditions extrêmement précaires, proches de l’esclavage. Des centaines d’ouvriers ont perdu la vie. On parlait des Etats-Unis, ils viennent justement de se voir attribuer avec le Canada et le Mexique l’organisation de la manifestation en 2026. Selon l’indice de la Confédération syndicale internationale, les droits des travailleurs sont régulièrement violés aux Etats-Unis comme au Mexique.

Marquer la FIFA à la culotte Comme le demande Solidar, la FIFA doit impérativement intégrer une dimension sociale dans les contrats qu’elle signe avec les pays hôtes de la compétition. En s’appuyant sur les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail et les accords des Nations Unies relatifs aux droits humains, il serait possible de garantir des conditions de travail décentes sur les chantiers et le respect des droits humains.