Une nouvelle mobilisation pour l’avenir

manifestantes assises sur la Riponne avec panneaux
© Olivier Vogelsang

Le 15 mai 2020, à 11h59, des militants de la Grève du climat, soutenus par des syndicalistes, prenaient possession de la place de la Riponne à Lausanne, à distance raisonnable, pour rappeler que «le climat n’attend pas». D’autres manifestations s’étaient déroulées ailleurs en Suisse.

L’alliance de la Grève pour l’avenir, dont fait partie Unia, appelle à la préparation d’une grande journée d’actions le 21 mai prochain pour une transformation sociale et climatique

Injustices sociales, catastrophes environnementales, récession économique, crise sanitaire sont inextricablement liées. D’où l’importance de la convergence des luttes. C’est en résumé le message envoyé le 4 décembre par l’alliance de la Grève pour l’avenir, composée de la Grève du climat (GdC), d’Unia, du SSP, des Grands-parents pour le climat et d’Agriculture du futur, entre autres organisations. Lors d’une conférence de presse en ligne, le collectif a invité mouvements et individus à le rejoindre pour préparer une grande journée d’actions et de grève le 21 mai 2021 pour un avenir social et écologique. Pour ce faire, des assemblées populaires sont prévues le 17 janvier prochain au niveau local afin d’offrir un lieu de débat démocratique, participatif et décentralisé. L’objectif de l’alliance est ainsi de former des groupes climatiques dans les quartiers, les écoles, les lieux de travail et les associations pour créer un réseau résilient afin de réfléchir démocratiquement au futur. «Avec ces groupes climatiques, il faut jeter les bases d’un changement à long terme. Il est désormais évident que notre système actuel ne peut combattre ni les causes ni les symptômes des crises», écrit-elle.
Comme l’explique le militant de la Grève du climat, Steven Tamburini: «Les mesures prises par nos politiques, pour répondre à ces différentes crises, ne suffisent pas. D’où l’importance d’être actifs dans nos quartiers, nos lieux de formation et ailleurs. Nous revendiquons un pouvoir par le bas, et à travers des manifestations d’ampleur.» Virginia Halecka Cattin, représentante des Grands-parents pour le climat, souligne: «A Neuchâtel, un groupe existe déjà pour agir ensemble. Preuve en est notre dernière action Block Friday.» La militante appelle ses contemporains à rejoindre la mobilisation: «Nous devons nous engager pour nos petits-enfants!»
Pour rappel, le 15 mai 2020, une première journée de mobilisation avait eu lieu, mais essentiellement en ligne, en raison de la pandémie et des restrictions sanitaires. Le 21 mai prochain, de véritables grèves sont-elles envisageables? Léa Ziegler du SSP indique, durant la conférence de presse, ne pas pouvoir encore répondre à cette question: «Lors de la préparation du 15 mai 2020, plusieurs groupes se sont organisés et ont ciblé des revendications en lien avec leur place de travail. Le 21 mai est une étape d’un mouvement qui doit s’intensifier.»

Plus d’informations sur: grevepourlavenir.ch

 

 

«Le profit ne doit plus passer avant la santé des gens et la protection de la nature»

Entretien avec Peppina Beeli, du département politique d’Unia, qui a participé à la conférence de presse de lancement de la Grève pour l’avenir

Comment se traduit la participation d’Unia dans la Grève pour l’avenir 2021?
C’est l’occasion de discuter du réchauffement climatique avec nos membres, et de montrer les liens entre le monde du travail et l’écologie. Nous réfléchirons ensuite aux différentes formes de mobilisations décentralisées, que ce soit dans les entreprises ou dans les espaces publics. En parallèle, nous avons aussi mandaté une étude sur la reconversion éco-sociale, dans le but de proposer des mesures concrètes, dont les résultats seront communiqués en début d’année prochaine.

Comment Unia compte-t-il sensibiliser ses membres qui travaillent parfois dans des secteurs très polluants, comme la construction par exemple?
Nous ne devons pas oublier qu’une transition est nécessaire face à la menace climatique. Et si elle représente des difficultés pour le monde du travail, elle offre aussi beaucoup d’opportunités, au travers des énergies renouvelables et de la rénovation des bâtiments par exemple. Un million du 1,8 million de bâtiments que compte la Suisse sont mal isolés. Or, le taux de rénovation annuel est inférieur à 1%. De plus, les deux tiers d’entre eux se chauffent encore avec des énergies fossiles et, lorsque les installations sont remplacées, c’est encore à 80% par des combustibles fossiles. Il s’agit donc d’informer sur les alternatives.
Si des emplois sont menacés, nous devons mener des programmes offensifs de formation et de requalification pour garantir que personne ne soit laissé de côté. Plus largement, les menaces climatiques posent des questions plus vastes qui nous obligent à réfléchir sur l’articulation entre vie et travail. Cela passe par une réduction massive du temps de travail – qui permet une diminution de l’empreinte écologique, une répartition équitable du travail et une meilleure qualité de vie. Ces différents axes sont importants pour les travailleuses et les travailleurs, et auront un effet mobilisateur le 21 mai.

La convergence des luttes est-elle d’autant plus nécessaire face à la pandémie que nous subissons?
Cette convergence est essentielle, car nous ne pouvons comprendre les crises qu’en les combinant. La pandémie le prouve de manière encore plus forte. Le profit ne doit plus passer avant la santé des gens et la protection de la nature. La jeunesse de la Grève du climat a toujours, de manière impressionnante, inclut des réflexions sociales dans son mouvement. Cela donne confiance en l’avenir.