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Au secteur de la construction, jeux de cartes, accordéon et revendications

Assemblée de maçons.
© Thierry Porchet

L’assemblée des maçons a établi un cahier de revendications en vue du renouvellement de la Convention nationale du secteur de la construction.

Réunis en assemblée locale à Bussigny, les travailleurs ont affiné leurs arguments en vue du renouvellement de la convention nationale.

La soirée s’est achevée sur une note inattendue, dans la grande salle communale de Bussigny. Le 21 mars dernier, à l’heure où l’assemblée des travailleuses et travailleurs de la construction touchait à sa fin, une petite silhouette s’est avancée sur scène: celle d’un jeune homme armé d’un accordéon, d’un sourire conquérant et d’une poignée de thèmes musicaux lusophones à servir aux nombreux présents. Lui, c’est George, 10 ans, fils de maçon et, nous assure-t-on, mascotte fidèle du secteur pour le canton de Vaud. «Il est depuis longtemps de tous les cortèges et de quasi tous les rassemblements», nous glisse un voisin de table. Les quelques chansons du garçon ont conféré à cette assemblée locale une touche d’insouciance, dans un domaine, celui du bâtiment, qui risque de traverser quelques turbulences de taille ces prochains mois. Car l’enjeu mis sur la table de chacune des réunions qui se sont enchaînées récemment en terre vaudoise – d’Echallens à Moudon, de Nyon à Vevey, en passant par Lausanne, Yverdon et Payerne – est d’une importance cruciale. Il s’agit en effet de renégocier la Convention nationale, qui arrive à échéance le 31 décembre prochain. Telles des rampes de lancement, ces rencontres avec la base précèdent l’ouverture véritable des négociations, qui s’étendront officieusement en avril et officiellement de mai à novembre prochains. Alors, on expose les points saillants de la lutte à venir, on discute et on vote sur divers scénarios.
Mais, en attendant de se familiariser avec ce qui se mijote dans ce grand dossier, les premiers participants occupent leur temps avec les dizaines de jeux de cartes posés sur les longues tablées. Enfin, un grand écran s’allume dans les hauteurs et le responsable du secteur construction d’Unia Vaud, Pietro Carobbio, prend le micro et parle à la centaine abondante de présents. Le syndicaliste passe tout d’abord par un constat réjouissant: le bâtiment se porte bien et les perspectives pour 2025 sont bonnes sur tout le territoire suisse. La demande de nouveaux logements dans le canton est à la hausse, considérant le fait que pour la seule année 2024, Vaud a enregistré plus de 9 000 résidents supplémentaires. Une étude de l’agence Wüest Partner corrobore ces perspectives, en tablant sur une hausse de 4,6% de la construction en Suisse. 

Il faut corriger le tir
Il faut désormais que cette tendance positive profite également aux travailleurs, avec une amélioration des conditions salariales, notamment. Car le pouvoir d’achat a été érodé par l’inflation des dernières années et les hausses successives des primes des caisses maladie grèvent de plus en plus le budget des ménages. Le tir doit être corrigé et Unia affiche à cet effet plusieurs revendications. A savoir des journées de travail plus courtes, permettant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et privée. Aujourd’hui, en comptant le temps passé pour se rendre sur les chantiers et pour rentrer aux dépôts, les journées peuvent atteindre les 11 heures. Le syndicat réclame aussi que la pause matinale de 15 minutes soit compensée par l’employeur et que celui-ci paie également les 30 premières minutes de déplacement. Enfin, il est demandé une augmentation des salaires dignes de ce nom. 
Pour faire entendre tous ces arguments, le secteur de la construction se donne rendez-vous le 17 mai, dès 13h15 à Lausanne, rue du Petit-Chêne, pour une grande manifestation romande concomitante avec celle qui se tiendra à Zurich. «Il faudra activer et motiver la base, explique Bruno, grutier et membre du syndicat. J’irai avec mes collègues dans les baraques des chantiers pour faire un travail de terrain et pour expliquer l’importance de ces négociations». 

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