Pour la première fois, une majorité féminine à la tête d’Unia

Comité directeur élu, poing levé.
© Unia

Une élection sans accroc pour les sept candidates et candidats au comité directeur. Les délégués leur ont apporté leur confiance et élu quatre femmes à la tête d’Unia. De gauche à droite: Renate Schoch, Véronique Polito, Nico Lutz, Vania Alleva, reconduite à la présidence, Martin Tanner, ainsi que les nouveaux membres, Bruna Campanello et Yves Defferrard.

Le Congrès a désigné le nouveau comité directeur du syndicat, qui comptera une majorité de femmes, et a réélu Vania Alleva à la présidence

Samedi, le Congrès a élu le comité central et le comité directeur d’Unia. Ce dernier est pour la première fois composé d’une majorité de femmes.

Vania Alleva a été réélue à la présidence et Martin Tanner, responsable des finances, à la vice-présidence. Déjà membre du comité directeur, en charge du secteur tertiaire, Véronique Polito accède aussi à la vice-présidence. Nico Lutz, chargé de la construction, et Renate Schoch, veillant sur le marketing et les services aux membres, qui avait succédé à Corinne Schärer, sont également reconduits. Aldo Ferrari, qui était vice-président, prend congé du comité directeur. Il restera au service du syndicat en qualité de responsable par intérim d’Unia Genève, ainsi qu’à la direction des arts et métiers. C’est Bruna Campanello, nouvelle membre du comité directeur, qui dirigera désormais ce secteur. La Zurichoise faisait déjà partie de sa direction depuis 2013. Quant au secteur industrie, il sera mené par le Vaudois Yves Defferrard, qui remplace à cette fonction Corrado Pardini, démissionnaire l’année dernière.

Joints à la sortie du Congrès, les deux nouveaux membres étaient très émus par leur élection. «Pour la première fois, le comité directeur sera composé d’une majorité féminine, c’est un signal très fort envoyé au monde du travail, aux femmes et aux militantes. Je vais prendre, en outre, la responsabilité du secteur des arts et métiers. Il sera dirigé pour la première fois par une femme, j’ai reçu l’appui des militants hommes. C’est aussi un symbole, notamment pour les salariées qui travaillent dans l’artisanat», se félicite Bruna Campanello. Dans son intervention pour remercier les délégués, Vania Alleva avait aussi souligné le caractère historique de cette majorité de femmes: «Lorsque j’ai commencé au syndicat en 1997, il n’y avait que des hommes. Pour la première fois, je pourrai travailler avec une majorité féminine. Je me réjouis que la féminisation du monde travail se traduise enfin au niveau syndical.»

A Sion, récolte des bulletins de vote pour l’élection.
A Sion, récolte des bulletins de vote pour l’élection. © Thierry Porchet

 

Yves Defferrard part à Berne

«J’ai commencé au syndicat tout à la base, être élu au comité directeur à quelques années de la retraite est une belle consécration de mon parcours syndical offerte par les militants», confie, pour sa part, Yves Defferrard. Monique Collet et Mike Nista d’Unia Vaud étaient montés à la tribune pour défendre la candidature de leur ancien secrétaire régional. Mike Nista a rappelé les combats menés par le syndicaliste dans des entreprises comme Sapal, Gardy, Bobst, Novartis ou Generali. «Nous avons obtenu de bons résultats grâce à Yves, il a empêché des délocalisations d’entreprises, son expérience sera utile dans l’industrie», a souligné Monique Collet. «Il représente l’industrie et, de plus, il portera la sensibilité romande, deux choses importantes pour nous», a déclaré Elodie Donge pour Unia Transjurane.

«Je pars sereinement à Berne, en laissant sans crainte Unia Vaud à Arnaud Bouverat, le nouveau secrétaire régional. Il va mener la région d’une manière excellente», estime l’intéressé. Comment va-t-il se débrouiller à Berne, parle-t-il l’allemand? «Non, mais je vais partir en Allemagne pour une immersion de deux mois. Logé dans une famille, je suivrai des cours tous les jours. Un retour aux études à 55 ans est un gros défi, je vais tout mettre en œuvre pour le relever. Je vais profiter de ce séjour dans ce pays pour prendre des contacts avec IG Metall, le puissant syndicat de l’industrie. Cela pourrait se révéler précieux en cas de conflit car un certain nombre d’entreprises suisses ont des directions allemandes.»

Bruna Campanello indique, de son côté, vouloir «faire bouger les choses avec les militants et les régions, que le syndicat devienne plus fort, qu’il compte plus de membres. Je pense que les militants doivent se renforcer et qu’ils ont besoin à cette fin de plus d’espace dans l’organisation. Je souhaite améliorer les CCT et en conclure de nouvelles. Et parmi les priorités, je place également la prévoyance vieillesse et l’AVS: les salariés ont le droit de recevoir une rente permettant de vivre dignement, il est totalement exclu pour moi que les rentes puissent baisser ou que l’âge de départ à la retraite soit repoussé.»