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«La Commission du Conseil national ferme les yeux»

La Commission du Conseil national traitant des questions de santé publique rejette une initiative en faveur d’une meilleure reconnaissance du stress comme maladie professionnelle. Unia demande à la Chambre du peuple de rectifier le tir

«C’est une occasion manquée qui aurait permis, d’une part, de rendre justice aux salariés concernés et, d’autre part, de contribuer à réduire les coûts de la santé.» Voilà comment a réagi Unia dans un communiqué à la suite du rejet, le 3 mai dernier, de l’initiative parlementaire visant à favoriser une reconnaissance facilitée du stress et d’autres affections comme maladies professionnelles. Ce texte a été déposé par l’ancien conseiller national et aujourd’hui conseiller aux Etats Baptiste Hurni avant d’être repris par le député socialiste Christian Dandrès. La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national n’est pas entrée en matière sur cette demande d’assouplissement, dans l’intégration de la liste des maladies professionnelles, de nouveaux syndromes relevant de l’exercice d’un travail. «Concrètement, il devrait suffire de prouver que les maladies professionnelles sont causées de manière “prépondérante” par l’activité professionnelle, et non plus de manière “nettement prépondérante”», précise Unia, dénonçant l’attitude de la Commission «qui ferme les yeux». Le syndicat appelle dès lors la Chambre du peuple à rectifier le tir et à approuver l’initiative. Citant le Seco, il précise que les dommages causés par les maladies professionnelles représentent au moins 3% du produit intérieur brut. Ces frais, note-t-il encore en substance, sont en grande partie payés par la collectivité via l’assurance maladie en raison des obstacles liés à l’admission d’affections résultant de l’activité professionnelle. «Les fautifs peuvent ainsi se soustraire à leurs responsabilités, alors que des millions d’assurés souffrent de la hausse des primes maladie.» Pour le syndicat, l’initiative obligerait enfin les employeurs à améliorer l’organisation du travail et à investir dans la prévention du stress. «C’est absolument indispensable, car les troubles de la santé liés à la profession, la plupart du temps du stress, ont continué à augmenter ces dernières années en raison des changements dans le monde du travail – densification, pression des délais, limites de plus en plus floues entre le travail et la vie privée.» L’initiative devrait être traitée par le Conseil national à sa prochaine session. Christian Dandrès ne se fait toutefois aucune illusion sur son sort, comparant la situation à un «mouroir fermé à toutes formes de progrès». 

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