150 coursiers toujours menacés de licenciement

De dos, un coursier se préparant.
© Olivier Vogelsang

Certains livreurs ont été réengagés directement par Smood dans le canton de Vaud. Les autres coursiers dont l’emploi est menacé attendent une décision de l’enseigne de livraison à leur sujet.

A l’issue de la procédure de consultation, le personnel d’AlloService a demandé son réengagement par Smood, la plateforme pour laquelle il roulait

La procédure de consultation pour licenciement collectif chez AlloService s’est achevée jeudi dernier. Pour mémoire, cette entreprise sous-traitant des livraisons à domicile pour Smood avait annoncé au mois d’avril devoir licencier 250 coursiers entre les cantons de Genève et de Vaud. L’accès à la plateforme smood.ch, partenaire de nombreux restaurants et de Migros, ayant été bloqué à la suite d’un désaccord entre les deux sociétés. Les syndicats Unia et Sit étaient alors intervenus pour obtenir l’ouverture d’une procédure de consultation. Entretemps, le nombre de licenciements a été ramené à 150, dont 120 au bout du lac; 45 livreurs ont été réengagés directement par Smood pour travailler dans le canton de Vaud.

Le personnel a présenté trois demandes: que la continuité de l’emploi soit garantie par l’engagement de tout le personnel qui en ferait la demande d’ici au 30 juin; que les conditions de travail et d’engagement prévues par la législation en vigueur, notamment le salaire minimum genevois et la CCT de l’hôtellerie-restauration, soient respectées; et que toutes les informations pour vérifier des éventuelles créances et le paiement des cotisations sociales soient communiquées. Ces revendications sont adressées aux deux entreprises. «Smood est la seule plateforme pour laquelle la plupart de ces livreurs ont travaillé et elle a parfaitement la possibilité de les recruter. Elle en a d’ailleurs besoin», explique Umberto Bandiera, secrétaire syndical d’Unia.

«Nous attendons une réponse de ces sociétés d’ici à la fin de la semaine. A défaut et au vu de la situation, nous appellerons les autorités genevoises et vaudoises à faire leur part de devoir.» La location de services pratiquée par Smood en faveur de restaurants ou de Migros n’autorise pas l’externalisation du recrutement et de la gestion du personnel, comme l’a admis le Tribunal administratif genevois dans le cas d’Uber Eats (lire ici). Par ailleurs, le montant du préjudice pour les employés pourrait être plus élevé que prévu et se chiffrer en centaines de milliers de francs. «Juste à Genève et rien que pour 2020, nous avons constaté que plus de 100000 francs de cotisations sociales étaient impayées. Pour 2021, la facture s’annonce plus salée.»

«La priorité reste le maintien des emplois et que la fin de la relation de travail avec AlloService se termine sans perte de salaires», indique le syndicaliste, qui constate qu’un «énorme pas en avant» a été effectué par Smood à la suite de cette affaire: «La société a décidé de mettre fin à ce système de sous-traitance. Elle ne fait certes que respecter ses obligations légales, mais c’est une bonne nouvelle pour les livreurs qui seront protégés par un cadre légal défini.»

Migros étant actionnaire, client et partenaire stratégique de Smood, Unia appelle aussi le géant orange à assumer ses responsabilités sociales.