Le personnel veut une vie digne

Cuisinier et femme de chambre.
© Thierry Porchet

Les militantes et les militants de l’hôtellerie-restauration d’Unia sont à l’initiative du manifeste et de la pétition énonçant les revendications pour tout le personnel de la branche.

Unia lance ce mercredi une campagne ayant pour objectif de faire connaître les difficiles conditions de travail dans l’hôtellerie-restauration et la nécessité d’y remédier

Ce mercredi 6 avril, Unia lance une campagne dans l’hôtellerie-restauration. «Le but est de sensibiliser le public aux problèmes rencontrés par cette branche et à la nécessité d’apporter des améliorations», explique Mauro Moretto, responsable national de la branche pour Unia.

Intitulé Nous voulons une vie digne!, un manifeste des travailleurs et des travailleuses de l’hôtellerie-restauration va être rendu public. Il rappelle que le personnel de ce domaine d’activité a souffert de la crise sanitaire par le chômage, des baisses de revenu et très souvent par la perte du poste de travail, alors que les conditions étaient déjà précaires avant la pandémie. Le texte évoque «des horaires coupés, des salaires trop bas (lire aussi ici), des plannings modifiés ou annulés à la dernière minute» et indique que le salaire minimum s’élève à 3477 francs. «Comment vivre en Suisse et payer nos factures à la fin du mois avec un salaire si bas et le coût de la vie aussi élevé?» Quant au temps de travail, il varie entre 42 et 45 heures par semaine. Encore que nombre d’employés sont sous contrat d’extra et payés à l’heure sans aucune garantie d’un salaire minimal à la fin du mois. Et la pénurie de personnel provoquée par ces conditions difficiles aggrave encore la situation.

Onze revendications

Le manifeste se conclut par onze revendications. Il est question bien sûr d’une revalorisation salariale, qui implique une augmentation des salaires minimaux et la prise en compte de l’expérience. Le personnel veut en finir avec le travail sur appel, il demande des plannings communiqués trois semaines à l’avance et le paiement des heures planifiées. Il veut également que le temps d’habillage soit payé et que le matériel soit fourni par l’employeur. Il réclame aussi la transparence et l’équité dans la répartition des pourboires. Enfin, relevons que plus de contrôleurs sont sollicités afin de faire respecter les conditions de travail, ainsi que des mesures contre le harcèlement.

Ces revendications sont reprises dans une pétition. Unia sera présent ce mercredi dans différentes villes du pays pour la faire signer. A cela s’ajoutent des affiches et des vidéos présentant les témoignages de salariés. Celles-ci ont été réalisées à l’initiative d’Unia Neuchâtel et elles seront projetées dans cette ville, à la place des Halles, de 15h30 à 17h. Quant au manifeste, il a été rédigé par le comité militant d’Unia Vaud avant d’être repris par le comité national. «L’initiative est partie des militants, c’est très chouette et cela montre le besoin de meilleures conditions de travail et d’engagement», relève Mauro Moretto.

Le problème, souligne le syndicaliste, est que GastroSuisse, la plus importante organisation patronale de la branche, bloque depuis trois ans les négociations pour le renouvellement de la Convention collective nationale de travail de l’hôtellerie-restauration (CCNT). «Nous avions commencé à discuter au début de l’année 2019, mais en mai, l’assemblée des délégués de GastroSuisse a exigé que nous prenions nos distances avec les initiatives pour des salaires minimums dans les cantons. C’est le salaire minimum de la convention qui devrait s’appliquer, même s’il se trouve en dessous du salaire minimum cantonal légal, ce qui est inacceptable pour nous. Les syndicats et deux autres associations patronales signataires de la CCNT estiment qu’il faut que ce blocage cesse et que commencent enfin les négociations pour le renouvellement.»