Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Raviver les forces syndicales du Vallon

On joue à la pétanque.
© Thierry Porchet

La rentrée syndicale à Fleurier: des moments de convivialité et d’échanges entre militants, sympathisants et syndicalistes d’Unia.

Fête, jeux et débat sur les retraites ont été au cœur de la rentrée d’Unia Neuchâtel qui s’est déroulée à Fleurier il y a une quinzaine de jours

Après-midi festif et soirée studieuse pour les militants d’Unia du Val-de-Travers, rejoints par les délégués du comité régional neuchâtelois. Devant la maison abritant les locaux du syndicat à Fleurier, et la bibliothèque ouvrière inaugurée le 1er Mai dernier, un stand accueille les membres, les sympathisants et les passants. Un peu plus loin, dans le grand parc bordant la place de la Gare, une équipe s’anime autour d’une partie de pétanque. Ce lundi 23 août, Unia avait convié les travailleuses et les travailleurs du Vallon pour un moment de rencontre autour de la devise: «Nos générations à la fête. Ensemble, l’inspiration n’a plus de frein!» Si quelques jeunes sont passés par là, en début d’après-midi, c’est entre salariés plus âgés et retraités que les échanges ont été nourris. Philippe, président du groupe syndical du Vallon, aurait souhaité une jeunesse plus présente: «Je suis content de voir que les jeunes se battent pour le climat. C’est dommage qu’ils n’adhèrent pas au syndicat ou à des partis. Si toutes les forces vives se rassemblaient, nous aurions la possibilité de changer beaucoup de choses. Les problèmes sont toujours là, les pressions patronales ne cessent pas. Le Parlement veut augmenter l’âge de la retraite des femmes alors qu’il faudrait plutôt prendre l’argent là où il est. La jeunesse devrait se bouger beaucoup plus pour son avenir social.» Ce travailleur rappelle que le Val-de-Travers compte 4000 à 5000 ouvriers pour une population de 11000 habitants. L’activité industrielle y est intense. Avec notamment un tissu d’entreprises horlogères aux noms prestigieux: Chopard, Piaget, Vaucher, ValFleurier, Fleurier Ebauches ou encore Parmigiani.

«Le Val-de-Travers a été marqué par de nombreuses luttes, comme la grève chez Dubied à Couvet. Une histoire syndicale forte le réunit, explique Silvia Locatelli, secrétaire régionale d’Unia Neuchâtel. Il existe ici un esprit vallonier, et nous souhaitons y faire revivre l’activité syndicale, alors que l’industrie se referme sur elle-même. Les usines ont leurs propres cafétérias, restaurants, certaines même des fitness. Les salariés ne sortent plus pour un café ou une pause. Ils sont captifs et nous avons moins la possibilité d’aller à leur rencontre. C’est pourquoi nous avons lancé les Jeudis à Fleurier*, soit l’ouverture deux fois par mois d’une permanence syndicale.» Cette permanence, tenue par les secrétaires syndicales Derya Dersun et Marcelly De Lima en charge de l’industrie, permettra aussi d’accéder à la bibliothèque. D’autres moments de partage seront encore organisés dans la petite cité manufacturière.

Le temps de l’apéritif et de la dégustation de la fée verte passé, les militants se sont rassemblés pour le traditionnel comité régional décentralisé d’Unia Neuchâtel consacré tout particulièrement à AVS 21 (voir ici). Une séance qui s’est terminée autour d’une paella géante, cuisinée par la patronne du Centre espagnol de Fleurier, un des derniers centres survivants du canton.

*Les Jeudis à Fleurier: permanences ouvertes de 13h à 18h, un jeudi sur deux à Unia, place de la Gare 3 à Fleurier. Prochaines ouvertures: les 16 et 30 septembre.

Pour aller plus loin

Un salaire pour vivre: bilan et perspectives

Il y a 25 ans, le congrès de l’Union syndicale suisse (USS) lançait la première campagne syndicale pour un salaire minimum. Afin de célébrer ce quart de siècle, Unia organise un...

«Unia 2.0»: une réforme au cœur du congrès

Dans dix jours, des déléguées et des délégués d’Unia venus de toute la Suisse se réuniront en congrès extraordinaire. A l’ordre du jour, la réforme des statuts «Unia 2.0 – Unia pour toutes et tous»

«On produit, on vend, on se paie»

manif

Il y a 50 ans, durant l’été 1973, les ouvriers et les ouvrières de Lip à Besançon, en France voisine, ont occupé leur fabrique, puis redémarré la production de montres pour garantir leurs salaires. Une expérience d’autogestion et de lutte collective riche d’enseignements

Sophie Binet de la CGT à Lausanne

L’automne social s’annonce chaud – et pas seulement en Suisse. En France aussi, les revenus réels en baisse et l’inaction gouvernementale laissent craindre une détérioration...