Le 24 février 2025 marque les trois ans de guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Des rassemblements ont eu lieu un peu partout en Suisse et dans le monde. Récit à Lausanne.
Des femmes, des enfants et des larmes. Le rassemblement pour l’Ukraine à Lausanne, le 24 février, jour marquant l’invasion russe en 2022, a été lourd en émotions. Plus de 500 personnes, majoritairement réfugiées et féminines, étaient présentes sur la place du 14-Juin. Beaucoup de discours en ukrainien et en français, d’une dizaine d’associations ukrainiennes et de quelques représentants des partis de gauche apportant leur soutien aux peuples en lutte, ukrainien ou gazaoui, contre tous les impérialismes. «Le Conseil fédéral doit agir pour inciter l’Europe à prendre ses responsabilités pour l’autodétermination du peuple ukrainien», exprime l’un d’eux.
Un membre du Comité de solidarité Suisse-Ukraine résume ces trois années de guerre: la stupeur et l’indignation il y a trois ans, l’espoir il y a deux ans, l’incapacité de l’Union européenne de faire appliquer le droit international il y a un an. Et aujourd’hui: «Ce 24 février 2025 est encore plus sinistre. Le président américain Trump copie dans son pays les recettes de Poutine et transforme le droit international en coquille vide. Nous sommes dans une nouvelle ère historique, soit celle de devoir nous battre pour le peuple ukrainien, mais aussi pour nos libertés.»
Sur les marches de l’église Saint-Laurent, des bougies sont allumées et déposées en forme de cœur autour des noms des villes meurtries.
«Russie, où est mon père?»
Des enfants tiennent des pancartes; un adolescent arbore la photo de son père disparu, avec cet appel déchirant: «Russia, where is my dad?»; une petite fille tient un dessin avec un drapeau ukrainien, une colombe et ces mots: «Avec un rêve dans le cœur pour la paix en Ukraine.» Une femme prend le micro et appelle au souvenir de ce premier jour de guerre, de la survie, des adieux: «Pas une seule famille ne pleure un être cher. Ce n’est pas un simple conflit, mais une guerre brutale, un combat pour un monde libre… La Russie est l’agresseur, Poutine un criminel de guerre.»
Des poèmes et des chants entrecoupent les moments de parole et de recueillement. Des remerciements vont à la Suisse qui a ouvert ses portes. Le Vieux Chalet, symbole de la reconstruction, est chanté par deux jeunes Ukrainiennes aux voix cristallines. Pendant ce temps, des images sont projetées derrière les intervenantes et les intervenants, celles des villes détruites, mais surtout des blessés et des morts.
En aparté, une jeune Russe, traductrice bénévole, demande à ne pas apparaître sur les photos. «Une nouvelle loi en Russie exproprie les citoyens qui se positionnent contre la guerre… J’ai de la famille à Moscou.» Solidaire du peuple ukrainien, elle résume: «Trois ans de guerre et que de douleurs! J’espère la paix, mais ce sera impossible avec Poutine.» Tout au long du rassemblement, les slogans ukrainiens «Gloire à l’Ukraine! Gloire aux héros!» retentissent. Les derniers mots d’une intervenante résonnent: «Plus que jamais, ne pas oublier la guerre en Ukraine.»
Jeudi 27 février, le comité de solidarité Suisse-Ukraine et l’organisation Memorial organise une conférence intitulée «Vivre à Kharkiv sous les bombes» à la Maison du Peuple à 20h (salle Liliane Valceschini, place Chauderon 5, Lausanne) avec le professeur Serhij Wakoulenko. Habitant proche de la frontière russe, il relatera son quotidien et celui de la population locale dans une région victime de bombardements incessants.