Rencontre avec les deux candidats à la présidence de l’Union syndicale suisse, Barbara Gysi et Pierre-Yves Maillard

La course à la présidence de l’Union syndicale suisse (USS) est lancée. Elle se terminera lors du Congrès de la faîtière les 30 novembre et 1erdécembre. Pour succéder à Paul Rechsteiner, président durant 20 ans, deux candidats sont encore en lice après le désistement de la Tessinoise Marina Carobbio et du Valaisan Mathias Reynard. Une candidature de dernière minute, au moment du congrès, est toutefois encore possible. Nous interrogeons ici les deux candidats connus à ce jour: Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat vaudois socialiste, présenté par Unia et soutenu par le Syndicat du personnel des transports (SEV) et Syndicom, syndicat des médias et de la communication; et Barbara Gysi, conseillère nationale socialiste du canton de Saint-Gall, présentée par l’Association du personnel de la Confédération (APC) et soutenue par le Syndicat des services publics (SSP-VPOD) et la Commission féminine de l’USS. Cette dernière appuie la candidature d’une femme. Jusque-là, seule Christiane Brunner de la Fédération des travailleurs de la métallurgie et de l’horlogerie (FTMH) avait accédé, en coprésidence avec Vasco Pedrina du Syndicat industrie et bâtiment (SIB), à cette fonction de 1994 à 1998.

Barbara Gysi

Une femme forte pour un mouvement syndical fort

L’APC, le SSP et la commission féminine de l’USS soutiennent votre candidature à la présidence de l’USS. Quelle est votre expérience de syndicaliste?

Barbara Gysi : J’ai travaillé comme assistante sociale avec des jeunes près de Zurich, et dans une maison pour les femmes victimes de violences conjugales à Saint-Gall. C’est durant cette période que j’ai adhéré au SSP, il y a 29 ans. En 1996, par solidarité avec les femmes du tertiaire, j’ai aussi rejoint la petite «unia» lors de sa création. Je suis également présidente de l’Union syndicale du canton de Saint-Gall et depuis deux ans, présidente de l’APC. Comme présidente de l’union cantonale, j’ai acquis une grande expérience: j’ai par exemple dû négocier avec des entreprises ou le Conseil d’Etat pour qu’il augmente les contrôles, jusque-là insuffisants, en matière de mesures d’accompagnement. J’ai aussi mené des négociations salariales avec le Conseil fédéral, en tant que présidente de l’APC. 

A titre personnel, quelles sont vos motivations pour postuler à cette fonction? 

Pour moi, il est essentiel d’avoir de bonnes conditions de travail et de bons salaires pour tous. Dans mon activité syndicale et politique, je me suis toujours engagée dans ce but. Je dispose de l’expérience nécessaire pour cette fonction: j’ai siégé à l’exécutif de Wil, ma commune, où j’ai développé de nombreux projets, et je dirige l’APC, une association de 10000 membres. De plus, à l’heure de la lutte pour l’égalité, il est important qu’une femme soit à la tête de l’USS. Je suis motivée et me sens prête à relever tous les défis que représente cette fonction! 

Quels sont les principaux objectifs pour le mouvement syndical que vous souhaitez développer? 

L’USS doit continuer de s’engager pour de bonnes conditions de travail, des mesures d’accompagnement suffisantes, pour davantage de CCT, pour l’égalité salariale et la revalorisation des salaires de tous, avec des hausses spécifiques pour les femmes, ces dernières étant nombreuses à travailler à temps partiel. Cela prétérite leurs rentes, le travail de soins aux proches n’étant pas reconnu. Il est aussi nécessaire d’améliorer l’environnement du travail, de lutter contre le harcèlement sexuel, le mobbing et la pression qui augmente pour tout le monde. Enfin, dans le futur, l’USS devrait également s’ouvrir à d’autres organisations professionnelles, par exemple l’Association suisse des infirmiers. Ce qui nous donnera encore davantage de moyens dans notre engagement syndical.

Après la manifestation du 22 septembre, la grève des femmes le 14 juin 2019 semble inéluctable pour faire avancer réellement l’égalité salariale. Quelles sont vos propositions à ce sujet et pour que la grève soit un succès? 

Les salaires féminins doivent être revalorisés plus que les autres, par exemple avec des paliers de 5% chaque année. Une attention particulière doit être portée dans les branches typiquement féminines, comme le commerce de détail et les soins à la personne. Il est primordial d’améliorer la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, et de rendre visible le travail non payé des femmes. 

Quant à la grève des femmes, elle ne doit pas être qu’une grève des femmes de gauche, mais une grève de toutes les femmes, y compris de droite. L’USS doit soutenir cette grève nationale. Les hommes aussi: ils sont tous concernés quand leur épouse, leur sœur ou leur fille ne gagne pas suffisamment. 

Seriez-vous favorable à une coprésidence à la tête de l’USS? 

Comme je l’ai dit, je pense qu’il est essentiel qu’une femme préside l’USS. La question de la coprésidence n’a pas été abordée.

L’USS est divisée sur la réforme fiscale (RFFA) et a laissé la liberté de vote en cas de référendum. Quelle est votre position? 

J’ai voté oui au Parlement. Je pense qu’il y a des améliorations dans cette réforme. Le premier point étant celui du financement supplémentaire de 2 milliards pour l’AVS et cela sans contrepartie. Ce sera un financement social, en partie par les impôts et l’autre par un pourcentage des salaires. Du côté de la fiscalité des entreprises, il y a des progrès, certes pas suffisants, mais c’est un premier pas. La suppression des statuts spéciaux est ainsi un élément décisif, comme l’est la diminution de certains impacts négatifs de la 1reet de la 2eréforme sur l’imposition des entreprises. 

Comment allez-vous gérer les contradictions au sein de l’USS? 

Je pense qu’il est positif d’avoir des opinions différentes: cela ouvre la discussion et permet de trouver des solutions ensemble. La discussion sur la RFFA est un bon exemple. C’est important que l’USS soit la plus large possible, c’est ce qui fait sa force d’ailleurs. Et personnellement, je pense avoir cette capacité d’écouter et de rassembler. 

Un nouveau projet de hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans est à l’ordre du jour avec AVS 21. Quelle sera votre position à la tête de l’USS? 

Pour moi, l’âge de la retraite des femmes est une ligne rouge. Nous devons absolument nous battre pour préserver cette retraite à 64 ans. La discrimination salariale, la non-reconnaissance du travail à la maison ou avec les proches, ce n’est pas l’égalité. Il n’y a aucune place pour une hausse de l’âge de la retraite. On devra cependant améliorer la situation dans le 2epilier, notamment pour le temps partiel et le travail de care. Les rentes minimales de l’AVS doivent aussi être augmentées pour tous. Si un nouveau compromis se dessine, il est exclu que les 64 ans soient dans la balance. 

Comment voyez-vous le lien entre le mandat de présidente de l’USS et celui de conseillère nationale? 

C’est important pour l’USS d’avoir une personne siégeant à Berne et ayant de bons réseaux. Les syndicats travaillent sur le terrain tous les jours. La présidence de l’USS est plus politique. Etre au Parlement permet d’intervenir sur les sujets qui préoccupent les syndicats et de chercher des compromis acceptables pour eux. Le Parti socialiste a en règle générale les mêmes positions que l’USS, mais si je suis élue, il est clair que la position des syndicats sera prépondérante. 

Est-ce possible de trouver des compromis dans ce Parlement très à droite?

Il y a des fortes attaques, par exemple sur le temps de travail avec la volonté d’autoriser des journées de 14 ou 15 heures. Nous nous battons au Parlement contre ce démantèlement. 

La voie politique est importante, mais il ne faut bien sûr pas oublier les actions, les grèves, les manifestations. La mobilisation de la base est indispensable. Nous devons utiliser tous les moyens de pression. 

Les salaires stagnent et les inégalités s’accroissent. Que faire pour freiner cette évolution?

Nous devons nous battre pour augmenter les salaires, instaurer un salaire minimum et des conventions collectives pour tous. D’un autre côté, il faut limiter les hauts revenus, même si politiquement ce sera difficile. Et imposer davantage les bonus. 

Notre pays compte quelque 140000 travailleurs pauvres, soit 3% des salariés. Comment remédier à ce problème? 

D’abord, il faut des salaires minimums et une hausse générale. Ensuite, il est nécessaire d’avoir des prestations complémentaires pour les familles et des réductions des primes maladie. Il ne s’agit pas de subventionner les patrons qui payent des salaires trop bas, mais de soutenir des familles qui, maintenant, ne peuvent pas s’en sortir. 

Que proposez-vous en matière de CCT sachant que seule la moitié des salariés sont protégés par une convention en Suisse? 

Les CCT doivent être obligatoires dans tous les domaines où il y a du financement public. Il faut aussi se battre pour conventionner les secteurs de travail féminins, comme la vente et les soins privés, ainsi que toutes les nouvelles professions de la numérisation et de la digitalisation. 

Quelle est votre stratégie par rapport à cette révolution numérique et aux pertes d’emplois qu’elle génère?

Des stratégies syndicales existent déjà et se concrétisent dans des CCT comme celles de Swisscom et des CFF. Nous avons besoin de renforcer la formation, dans les écoles ou payée par les employeurs. Le profit des entreprises qui gagnent beaucoup grâce à cette numérisation doit être redistribué vers les salariés.

Que faire face à la précarité des employés des plateformes de type Uber?

Ce type d’emploi doit être bien protégé par la loi et être couvert par les assurances sociales. La Loi sur le travail doit être modifiée dans ce sens. Il est aussi plus difficile pour les syndicats d’entrer en contact avec ces employés. C’est un grand défi pour nous.

Le mot de la fin?

La situation est très difficile pour les salariés en Suisse. Nous devons disposer de syndicats forts et efficaces pour faire changer les choses. Je suis très motivée à travailler avec les collaborateurs et les collaboratrices de toutes les fédérations de l’USS pour améliorer les conditions de travail de toutes et de tous, et réduire les inégalités. 

Propos recueillis par Sylviane Herranz / Photo Thierry Porchet

Pierre-Yves Maillard

Une bête politique pour une grande politique sociale

Quelle est votre expérience de syndicaliste?

Pierre-Yves Maillard : J’ai été engagé à la FTMH en 2000. J’en ai assumé le secrétariat régional de Vaud-Fribourg. Assez rapidement, j’ai dû faire face à un licenciement collectif à la Sapal. On est parti dans une lutte dure, avec des débrayages quotidiens, qui a conduit l’entreprise à revenir en arrière. Durant cette période, il y a eu une vague de fermetures et de restructurations. Quasiment tous les trimestres, j’étais dans une de ces luttes. Ça a été une expérience intense. Nous avons aussi préparé la fusion avec le SIB, la nouvelle région d’Unia a été créée la veille de mon entrée en fonction au Conseil d’Etat le 1erdécembre 2004. Ce jour-là, il y avait la grève chez Filtrona et, avant de rejoindre le gouvernement, je suis allé faire un petit salut aux grévistes.

Qu’est-ce qui vous motive à postuler à l’USS?

J’ai toujours été en relation avec le mouvement syndical et dit que je voulais revenir après le Conseil d’Etat. Je ne me vois pas dans des conseils d’administration de cliniques privées… Ce qui m’intéresse, c’est de continuer à défendre mes convictions. Je pense que pour un homme de gauche, l’action syndicale est le cœur de l’engagement, c’est là que se mesure la réalité des rapports sociaux. Je ne visais pas forcément l’USS, j’aurai pu retourner dans une région, mais on m’a contacté.

Vous auriez pu redevenir secrétaire syndical?

Oui, si l’on me l’avait proposé.

Quels sont vos objectifs à l’USS?

J’ai rédigé un texte, que j’ai présenté à Unia quand je lui ai demandé son soutien, qui part du constat de l’érosion du pouvoir d’achat du salariat. Il y a trente ans, un salaire d’ouvrier suffisait à faire vivre une famille, aujourd’hui il en faut deux. C’est une tendance lourde dans les pays occidentaux, mais, en Suisse, elle se caractérise par une augmentation des charges fixes, en particulier les primes maladie et le loyer. Pour moi, il faut envisager une mutation de la politique sociale. Je propose un prolongement à l’échelle nationale de ce que nous avons pu développer dans le canton de Vaud, soit une articulation allocations familiales, PC familles, réductions de primes et crèches subventionnées.

N’est-ce pas une façon de subventionner des patrons voyous ou des branches peu rentables?

Non. Cela ne remplace pas le combat salarial. Le combat prioritaire pour la répartition de la plus-value par le salaire continue. L’USS pourrait d’ailleurs lancer des projets en ce sens. La généralisation du 13esalaire devrait en être un, il y a encore beaucoup de travailleurs qui ne l’ont pas, notamment des femmes. Mais si l’on voulait compenser par le salaire ces trente ans de progression des charges, on devrait imaginer des augmentations salariales de 30 à 40%, ce qui paraît peu réaliste, alors que les mesures que je propose peuvent être concrétisées. Autre point important dans le domaine salarial et cela concerne les femmes, il faut instaurer un contrôle public de l’égalité salariale, comme cela se fait au sujet du dumping.

Le Parlement s’y refuse, comment faire?

Il faut une initiative populaire.

Et la grève du 14 juin 2019, elle servirait à quoi alors?

Elle servirait à lancer cette initiative. Il faut faire cette grève, mais il faut aussi qu’elle débouche sur une action concrète.

Comment faire pour que cette grève soit un succès?

Je suis pour qu’on en fasse un objectif prioritaire de l’année et que les syndicats mutualisent leurs ressources à cette fin.

Si c’est une priorité, est-ce qu’il ne faudrait pas mettre une femme à la tête de l’USS?

C’est à l’organisation de trancher. Si elle avait fait ce choix, je l’aurais évidemment accepté. Je pars du principe que ce débat a eu lieu. Le comité présidentiel m’a invité à déposer une candidature et tout le monde voit que je ne suis pas une femme… Pour autant, je suis un militant de l’égalité réelle des droits et des chances entre hommes et femmes.

Etes-vous ouvert à une coprésidence?

Ce n’est pas à un candidat de changer les statuts, mais je suis ouvert à une présidence plus collégiale, qui montre la diversité du mouvement syndical. J’aimerais rappeler que les femmes ne sont pas absentes du mouvement syndical. Deux grandes fédérations sont présidées par des femmes. Et Vania Alleva, présidente d'Unia et vice-présidente de l’USS, aura une visibilité plus grande encore car, comme je suis Romand, les rôles seraient davantage partagés. Ce qui n’est jamais évoqué, par contre, c’est qu’il n’y a aucun Romand à la tête d’une fédération.

Des craintes ont été exprimées qu’avec votre élection, Unia et le secteur privé prennent trop de poids dans l’USS.

Je suis aussi nommé par le SEV et soutenu par Syndicom, qui représentent le service public. J’ai un passé de combattant pour le service public. Avec d’autres, j’ai contribué à poser le débat sur la libéralisation du marché électrique. En tant que ministre de la Santé, je me bats contre la privatisation du secteur. Le malentendu vient du fait que je considère que l’USS ne doit pas se limiter à un rôle politique au Parlement, mais aussi avoir la capacité de discuter d’investissements mutualisés, de ressources que les syndicats mettent en commun pour être plus forts dans un secteur en croissance, comme, par exemple, le secteur des services à la personne. C’est, pour moi, le rôle même de l’USS. Mais cela dans une logique de consensus, il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit.

L’USS est divisée sur la RFFA. Vous avez, de votre côté, promu une réforme fiscale dans votre canton. Quelle est votre position?

Je suis favorable à cette réforme. Je constate que le référendum sur la RIE III a permis d’obtenir un projet pour l’AVS qui, à ma connaissance, est le seul en Europe et au-delà à assainir l’assurance vieillesse uniquement par des recettes.

Le référendum a donc été utile?

Oui.

Mais vous ne l’aviez pas soutenu?

J’ai accepté ce référendum national dans le débat interne au PS. Je ne me suis pas exprimé dans la votation, n’étant pas porteur du dossier au sein du Conseil d’Etat. Sur le paquet vaudois, je me suis pleinement engagé puisque mon département était concerné par le volume des mesures sociales. Il faut rappeler que l’on va aider pour le subside maladie quelque 80000 personnes supplémentaires, le budget des subsides va atteindre près de 800 millions – il était à 240 millions quand je suis arrivé. Une famille qui gagne 7000 francs net va au 1erjanvier toucher 330 francs de subsides et 100 d’allocations familiales en plus. Une famille d’ouvrier avec deux enfants va donc percevoir grâce à la RIE III vaudoise 430 francs par mois en plus pour un budget cantonal qui est équilibré et avec des finances communales globalement saines.

Il y a tout de même une baisse des recettes fiscales des collectivités publiques.

Leur but n’est pas d’accumuler des fortunes. Si on avait un budget déficitaire et d’austérité, je pourrais entendre l’argument, mais ce n’est pas le cas. 

Pour revenir à la RFFA, quelle va être votre position?

J’ai la conviction que ce projet national est bon parce qu’il met 2 milliards en plus pour l’AVS, sans baisse de prestations, et il éloigne la retraite à 65 ans pour les femmes.

La retraite à 65 ans est pourtant inscrite dans le projet AVS21.

Que la droite et le Conseil fédéral veuillent passer à 65 ans, c’est indiscutable. La question est: comment combattre ce projet, avec des caisses de l’AVS en déficit ou à l’équilibre? Il y a trois choses dans ce paquet: 2 milliards pour l’AVS, 1 milliard pour les cantons et la fin des statuts spéciaux, c’est-à-dire des pratiques de dumping les plus critiquables de la Suisse. La bataille pour les recettes fiscales et les contreparties sociales devra se jouer dans les cantons. 

On a évoqué la retraite des femmes, qui devrait être à l’ordre du jour du Parlement l’année prochaine, quelle est votre opinion?

Je suis contre. D’abord parce qu’avec la RFFA, si elle est votée par le peuple, nous aurons une alternative pour l’AVS. Ensuite, je trouve que l’idée de flexibiliser l’âge de départ en jouant sur les bonus et les pénalités est défavorable aux classes sociales que nous défendons. C’est un piège. Celui qui va être attiré au-delà de 65 ans a une petite retraite et une espérance de vie moindre. Tandis que celui qui a une rente plus élevée pourra se permettre une décote et une retraite anticipée. Je pense qu’on a meilleur temps d’avoir un âge fixe. Et je préfère un système de rente-pont pour les chômeurs, comme nous l’avons fait dans le canton de Vaud, où les femmes dès 60 ans et les hommes à partir de 61 ans on droit à une rente au niveau des PC.

Vous ne combattrez la retraite à 65 ans que si la RFFA est acceptée?

Non, c’est un argument supplémentaire. Je suis contre ce projet par principe. La retraite à 65 ans pour les femmes, ça ne va pas. On l’a compris avec PV2020. Les femmes devaient sacrifier un rare avantage alors que l’égalité n’est pas réalisée, notamment au plan salarial. Il faut retenir la leçon. 

Propos recueillis par Jérôme Béguin / Photo Thierry Porchet