Industriall apporte son soutien au peuple colombien

Industriall Global Union est solidaire du peuple colombien. Les protestations ont débuté le 28 avril dernier, lors d’une grève nationale contre des réformes de la fiscalité et de la santé. Depuis, une répression féroce s’abat sur les manifestants. Le 3 juin, la fédération mondiale de l’industrie indiquait, dans un communiqué, que le Comité national de grève, composé d’organisations sociales, ethniques, communautaires et syndicales, dont de nombreux affiliés d’Industriall, avait recensé 70 décès dus à des violences policières, dont 14 le 28 mai à Cali, 51 blessures aux yeux, 1502 arrestations arbitraires et 87 incidents de violence sexiste.

«La Colombie connaît d’importants troubles sociaux, la population civile se soulevant contre la répression de l’Etat. Celui-ci reste sourd et de nombreuses personnes ont perdu la vie. Le gouvernement a reculé sur certaines des réformes prévues, notamment en matière de fiscalité et de santé. Cependant, il reste encore beaucoup à faire et c’est pourquoi nous appelons à de nouvelles manifestations. Il est de notre responsabilité de sensibiliser la société et d’essayer de créer un autre type de pays», a souligné Igor Díaz, président du syndicat Sintracarbón, cité par Industriall. La fédération mondiale ajoute que le Comité national de grève a confirmé sa volonté de dialoguer avec le gouvernement et lui a soumis une liste de revendications d’urgence, visant à lutter en priorité contre la pauvreté, les inégalités, la discrimination et la violence. Il lui demande également d’abroger le décret de militarisation adopté le 28 mai.

Industriall informe que la Colombie sera de nouveau appelée devant la Commission de l’application des normes de l’OIT, lors de la 109e session qui se réunit ce mois. La commission a réintroduit ce pays dans la liste de ceux connaissant les plus graves violations des conventions internationales du travail, notamment en matière de libertés syndicales.

Marino Vani, secrétaire régional d’Industriall, a apporté le soutien de la fédération mondiale au peuple colombien et condamné la violence de l’Etat. «Les meurtres et les viols commis par les paramilitaires sont inacceptables et sont utilisés pour semer la crainte et la terreur, a-t-il déclaré. Nous demandons instamment au gouvernement de changer d’attitude, d’en finir avec les balles et la répression, de faire du dialogue une priorité et d’apporter une réponse concrète au programme proposé par les citoyens actifs, représentatifs et syndiqués de Colombie.»