La résistance des logisticiens porte ses fruits
Premier succès pour les salariés de Migros Online. Le géant orange met fin à la réduction des bonus en cas de maladie. Unia s’en réjouit.
Premier pas vers des conditions dignes: en février, Migros Online a informé le personnel de ses sites logistiques qu'à partir du mois de mars, il n'y aurait plus de réduction de bonus pour cause de maladie. Pour Unia, «ce résultat est dû à l'engagement courageux des salariés, qui se sont organisés pour dénoncer l'injustice du système salarial». Dans un communiqué, le syndicat et le personnel saluent la démarche de Migros Online, tout en demandant la fin du système des bonus, et le versement de ceux-ci comme «partie intégrante du salaire fixe». Ils insistent également sur le fait que des négociations sur les autres revendications sont toujours nécessaires pour garantir des conditions de travail décentes. Celles-ci avaient été dénoncées, quelques jours auparavant, dans les médias.
Les salariés du centre logistique de Pratteln, près de Bâle, de Migros Online avaient en effet mandaté le syndicat Unia pour obtenir un système salarial équitable, de meilleures conditions concernant la protection de la santé, la planification du travail et les perspectives d’emploi pour les temporaires, ainsi qu’une formation des cadres pour améliorer le climat professionnel.
Plus largement, le syndicat demande l’admission des employés de Migros Online – des sites de Pratteln, Bremgarten (AG) et Ecublens (VD) – dans la Caisse de pension Migros et dans la Convention collective nationale de travail de Migros (CCNT). Il exige, une fois de plus, de Migros Online une réunion «afin d'exposer en détail les dysfonctionnements et de discuter de propositions concrètes pour améliorer la situation».
En plus du système de bonus, en partie résolu, Unia énumère une série de problèmes: une surveillance numérique permanente du rendement et du harcèlement de la part des supérieurs hiérarchiques, le non-respect systématique des normes et des règles en matière de santé, de sécurité et d'hygiène, entraînant de graves problèmes de santé chroniques chez de nombreux employés, ou encore une gestion du personnel impitoyable. «Même des collaborateurs et des collaboratrices de longue date qui, en raison d'un accident, d'une maladie ou de circonstances personnelles, n'ont temporairement pas satisfait aux exigences de performance extrêmes de Migros Online, ont été immédiatement licenciés», précise le syndicat. Une ambiance de travail toxique est également dénoncée, «avec des menaces et un climat de peur quotidiens, des remarques et des comportements racistes et sexistes sur le site de Pratteln et une culture du manque de respect envers les employés de la logistique largement répandue».
Horaires imprévisibles
Par ailleurs, Unia déplore «une organisation du travail peu transparente avec des horaires imprévisibles, un manque de prise en compte des obligations de care et un non-respect du droit au repos et aux loisirs». Résultat, les salariés ne savent souvent pas à quelle heure leur journée de travail prendra fin.
«Enfin, Migros n’est toujours pas ouvert au dialogue et se montre très répressif face aux salariés, déplore Roman Künzler, responsable logistique et transport à Unia. A Pratteln, on leur interdit de parler à Unia et on leur demande de prendre une autre porte que la principale pour éviter le syndicat. A Ecublens, il n’est pas rare que la police soit appelée en cas de tractage syndical.» Et de rappeler: «Le droit de s’associer en tant qu'employé est un droit humain fondamental protégé par la Constitution fédérale».